15/01/2009
La théorie du tout parti de rien.
L'univers ne serait-il que de l'énergie et du mouvement? Mais qu'est-ce que cette énergie qui de rien pourrait faire quelque chose, et quelque chose de parfaitement structuré? Qu'en est-il de ce frottement d'ailes qui créerait indifféremment et sans limite de la matière et de l'énergie ? J'ai toujours été fasciné par l'idée que la constitution d'un atome soit aussi complexe que celle du système solaire avec son cortège de planètes. La pensée étant elle aussi une suite d'impulsions électriques, il est probable qu'elle suive un cycle fermé comme les autres composantes de l'univers. D'ailleurs, il est remarquable que lors des périodes de tensions, certaines idées germent simultanément et très rapidement dans un grand nombre de cerveaux en dehors même de toute énonciation verbale ou écrite. N'en est-il pas ainsi pour certaines découvertes? La sagesse populaire traduit cela par: "l'idée était dans l'air".
22:54 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
03/01/2009
L'idiot du village, une espèce en voie de disparition.
Il y a quelques années encore, même l'idiot du village avait sa place dans la communauté. Aujourd'hui la société occidentale se donne bonne conscience en parquant les handicapés mentaux derrière des grilles, des garde-fous. Ainsi, l'idiot du village n'est plus un poids mort et il apporte sa contribution au système de production en générant des postes de gardiens de zoos humains. La généralisation des échanges économiques à l'échelle de la planète uniformise les mêmes schémas dans tous les pays, développés ou en cours de développement: recherche du rendement maximum, efficacité technique, concentration géographique de la main-d'oeuvre. Le modèle le plus abouti se trouve en Chine. Ce pays est devenu en quelques années une vaste usine. Pour être à 100% efficaces, les entreprises chinoises sont organisées en camps de travail qui ne sont pas sans rappeler ceux de l'ex-URSS: l'ouvrier y vit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans un espace clos comportant l'atelier, la cantine et le dortoir. La prosmicuité et un règlement intérieur strict veillent à tuer dans l'oeuf toute relation interpersonnelle et nient la sexualité. Pourquoi d'ailleurs accorder à l'homme, simple force de travail, un droit à la sexualité, puisque la Machine qui fonctionne si parfaitement bien n'a pas de sexe?
19:03 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
26/12/2008
La jalousie dans tous ses états.
Les états de l'âme sont désunis et en guerre permanente avec leurs voisins. Motif de ces conflits? La réussite des uns attise la convoitise des autres. Quoi de plus fort que l'envie de posséder ce que son prochain a ou de devenir ce qu'il est? Voilà l'ambition de beaucoup de vies humaines, chasser les chimères! Et c'est ainsi que Caïn tua Abel son frère parce qu'il croyait qu'il était le préféré de Dieu. Comme si Dieu n'était pas capable de les aimer tout autant l'un et l'autre! La jalousie rend stupide l'homme le plus intelligent.
20:25 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
24/12/2008
L'esprit et la matière, l'un avec l'autre ou l'un sans l'autre?
« Nous n’avons jamais vu notre pensée, pourtant nous savons non seulement qu’elle existe mais qu’elle a le pouvoir de transformer la matière [1] ». Alors, à l’instant où nous mourons, que deviennent ces milliards d’influx électriques capables de concevoir des gratte-ciels ou des navettes spatiales ? Le seul fait de se voir privé d’oxygène à la suite d’une défaillance mécanique du véhicule terrestre qui les transportait d’un point de l’espace à un autre suffit-il à provoquer leur disparition irrémédiable ? Parce qu’ici-bas la pensée, autrement nommée intelligence ou imagination ou encore âme, a toujours eu pour terreau la matière, qu’elle s’en nourrit mais aussi qu’elle la façonne à sa main (ne dit-on pas que la volonté déplace les montagnes), pourquoi ne pas envisager qu’un esprit possédât la double faculté de s’incarner puis, lorsque le temps en est venu, de se désincarner ? Dans cette hypothèse, le corps habité, possédé, colonisé ne serait qu’une coquille d’œuf, un garde-manger, un abri destiné à favoriser l’épanouissement des facultés mentales. Evidemment, ce passage de relais d’un corps à un autre ne serait pas le simple transfert de la somme des pensées d’une existence humaine à une autre. Il est probable que beaucoup de pensées « fonctionnelles » s’effacent alors n'ayant plus d'utilité dans ce nouveau contexte. L'une des principales activités du cerveau n'est-elle pas de trier, d'éliminer, de recycler la plupart des souvenirs ou des apprentissages pour ne garder que l’essentiel? Dans la même logique, avant de reprendre pied dans un nouvel organisme, les pensées se seront déstructurées pour se mêler à d’autres dans une espèce de terreau commun selon de subtiles affinités électriques. « Pourquoi ne serait-ce pas dans ce plancton spirituel et universel que le génie humain puiserait de quoi se nourrir quand il quittera notre corps [2] ». Si l’immortalité vue par Maeterlinck est si troublante, c’est qu’elle ne semble plus contraire aux lois de l’univers telles que nous les connaissons. Ce serait un crime contre l’intelligence de rejeter sans l’avoir étudiée l’éventualité d’une certaine persistance de la conscience.
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1 Devant Dieu, Maurice Maeterlinck
2 Id.
13:37 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, journal intime, philosophie, sagesse, vive la vie
22/12/2008
La mort est un réveil en sursaut.
J'ose affirmer que la mort est un réveil en sursaut d'une nuit plus ou moins courte car la durée de ce sommeil réparateur varie selon les êtres. Le spectacle de l'écheveau d'une vie qui se désembobine est souvent l'occasion d'éprouver une foule de sentiments contradictoires. Tout d'abord un sentiment d'impuissance puisqu'après avoir tenté de résister à une force supérieure, il a bien fallu se rendre à l'évidence et cesser toute lutte. Puis, un sentiment d'injustice: pourquoi moi et pourquoi maintenant alors qu'aucun signe annonciateur n'aurait pu laisser supposer que la catastrophe était si proche. Enfin, et c'est peut-être le plus étrange, un profond soulagement de ne plus avoir à porter le monde sur ses épaules, d'être autorisé à lâcher prise. Alors, les coups reçus ne font plus mal et il devient enfin possible de pleurer sans honte.
14:55 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
20/12/2008
La lumière vivante des étoiles mortes.
Ce n'est plus un secret pour personne et encore moins pour les astronomes, être immortel c'est demeurer visible aux yeux de tous ceux qui naîtront après nous. Et je n'ai pas cité les astronomes en vain, eux qui scrutent l'intimité des galaxies afin de capter la lumière fossile d'astres morts depuis des milliards d'années. Car ce que l'homme voit dans son télescope ce n'est pas l'étoîle qui a explosé il y a des lustres mais le rayon de lumière que sa désagrégation a propagé dans le vide sidéral d'un univers en expansion. Ainsi, si nous admettons comme vérité fondatrice que la matière ne meurt jamais grâce à l'énergie qui s'en dégage, nous ne pourrons pas faire autrement que d'accepter l'idée que l'homme, comme tous les animaux, comme toutes les plantes et comme tous les minéraux, est immortel puisque l'énergie qui se perpétue au delà de la courte parenthèse de son existence permettra d'en conserver une trace à tout jamais. Pourquoi n'apprendrions-nous pas, un jour, à comprendre? Ce n'est pas parce que nous ne savons pas expliquer une réalité qu'elle n'existe pas ! Tout ne se mesure pas à l'aune du savoir humain. 09:23 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
18/12/2008
La survivance de pouvoirs anciens.
Je reviens un instant encore sur un principe [car j'ai des principes], le principe d'Eternité. J'observe mes dissemblables, je les radiographie et une évidence s'impose à moi: ces êtres si imparfaits qui survivent le nez écrasé contre la vitre ont en eux un embryon de vie éternelle. En eux, certes, malgré eux, devrais-je dire, car la plupart de ces brouillons de titans s'emploient à ne rien laisser paraître de la survivance de pouvoirs anciens depuis longtemps laissés en déshérence. Pour être plus clair, lorsque je scrute un individu pris au hasard dans la foule, je refuse d'admettre que ce miracle de l'évolution construit à grand renfort d'apprentissages, même s'il gaspille quatre-vingt quinze pour cent de son potentiel, doive un jour disparaître et ne laisser comme vestiges qu'une vieille décapotable et quelques enfants adultérins. Le principe d'Eternité nie les évidences trop évidentes. Le ciel du jeu de marelle se gagne par la recherche de la clarté. En éclairant ses doutes de la lumière fulgurante des intuitions [que chacun a eues à un moment ou à un autre de son existence mais qu'il s'est empressé d'oublier, l'amnésie tuant plus sûrement que le cancer], l'homme de la rue se métamorphosera en demi-dieu.
11:27 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
17/12/2008
Les déplorables travers des vieux beaux.
Erreurs de jeunesse puis fautes de vieillesse, il est navrant de constater que les mâles se déplacent en troupeau et reproduisent à l'identique les mêmes errances. A l'approche du demi-siècle, ils abandonnent au bord de l'autoroute la compagne fidèle dont le seul crime est d'avoir perdu sa fraîcheur juvénile. Certes, beaucoup d’hommes ont la chance de paraître plus jeunes que les femmes du même âge : Sacha Distel à soixante-dix ans en faisait à peine cinquante. Si la chirurgie esthétique a permis de gommer quelque peu cette injustice biologique, c'est dans la tête des hommes mûrs que frappe le démon de midi. En buvant l'élixir de jeunesse, le quinquagénaire plus ou moins fringant croit gagner sa course contre le temps qui passe en vendant son âme à une jeune et jolie diablesse. Mais, même à court terme, après l'euphorie de la nouveauté, la très jeune femme et le presque vieil homme ont-ils des choses à partager? Quelle complicité peut-elle se développer entre un chirurgien-dentiste breton de cinquante ans et une camerounaise de vingt-deux ans rencontrée grâce à internet? Ont-ils les mêmes passions, écoutent-ils la même musique, lisent-ils les mêmes livres? Le sexe se passe de mots et les délices de la conversation post-coïtale sont souvent remplacés par un DVD ou une émission de télé-réalité. Ainsi, après avoir usé et abusé des pilules bleues, payé un détective pour suivre sa jeune conquête, fait un infarctus ou deux et dépensé les économies qui devaient améliorer sa retraite, le quinquagénaire fait profil bas et se lance à la recherche d’une « femme veuve ou divorcée, la soixantaine, partageant la même passion pour les voyages, la lecture et la musique classique ou le jazz ». Avoir le même âge et une vie commune derrière soi multiplie les chances de durer. Pourquoi se quitter sans avoir tout essayé ? Changer de vie cela peut être aussi se donner une nouvelle chance avec la même personne.
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15/12/2008
Le discours du Grand sommeil.
Le désir d'éveil est si fort chez l'homme que, de tout temps, il semble avoir cherché des drogues pour maintenir vive son attention 1. Mais est-il besoin de faire appel à la chimie pour changer d'état, pour passer de l'hébétude à la pleine conscience? D'ailleurs, le premier niveau de lucidité n'est-ce pas simplement de pouvoir faire la différence entre veille et sommeil? Quand Jean Cocteau écrit le Discours du Grand Sommeil en 1916, dans un hôpital militaire proche du front, c'est autant de veille que d'éveil qu'il s'agit: Je flotte dans le songe, le monde au siècle instantané du sommeil d'où j'émerge comme un crocodile au milieu du trafic des pirogues. A quel moment sommeillons-nous, à quel autre pouvons-nous affirmer de manière certaine être réveillés? Pouvons-nous nous fier à nos sens? Par quels exercices entraîner notre conscience à rester en état d'alerte? Comment ne pas sombrer dans la torpeur confortable des actes répétitifs du quotidien? L'absence de spiritualité est le lot commun et toute tentative de fuite est étouffée dans l'œuf par mille et une préoccupations mesquines. Une sorte de pesanteur nous colle au sol et notre esprit ne parvient que très rarement à se détacher des contingences matérielles. Boire un café ou un verre d'alcool, fumer une cigarette ou du crack, voilà quelques uns des chemins de traverse pour se désinhiber, pour tenter maladroitement de stimuler ses neurones ou d'échapper quelques minutes à la profonde lassitude d'une vie ordinaire. Mais ces excipients ne produisent que des effets de courte durée et leur efficacité n'est pas systématique. Acquérir l'extra-lucidité et par là connaître sa position exacte dans l'espace et dans le temps, devenir capable de prévoir sa trajectoire à venir, cela peut-il, comme une carte au trésor, se trouver au fond d'une bouteille? Pour être maître de sa vie, la meilleure méthode consiste à s'interroger sans relâche, à mener l'enquête sur ses origines et sur le sens à donner à sa vie: Qui suis-je? D'où viens-je? Où vais-je? Et tant que les réponses ne te satisferont pas, repose-toi les questions.
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1. Du bon usage de la vie, Bernard Besret
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10/12/2008
La soif donne de la profondeur au désert.
La glèbe dont nous sommes pétris est impérissable, aucun cataclysme ne saurait la détruire. Qu'en est-il alors de l'esprit qui l'habite et qui fait partie intégrante de la matière, ne pourrait-il demeurer avec la même constance? Il n'est pas de cadran solaire hormis la mesure du temps par nos fonctions vitales. C'est ainsi que la soif donne de la profondeur au désert, que l'effroi donne de la hauteur à la nuit et que la faim creuse des tranchées dans la boue. Qui de nous peut se dire propriétaire de son corps s'il ne l'est pas des heures de sa vie, ces hardes sans valeur jouées aux dés par les voleurs de feu? Dieu et dieux font cartes. Il y en en soi une fringale de s'aventurer sur un champ de mines pour faire reculer les limites des interdits. Il n'est pas d'issue hormis la marge. Qui de nous a réussi à conserver suffisamment de forces pour vomir les codes mals digérés qui nous condamnent à mourir sous la torture lente de mille supplices? Chevalier parti en quête du Graal, si le visage te fait mal tel quel, demande un heaume pour t'y lover.
22:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur



