19/11/2008

Les mirages de la technologie.

Satan45.pngChaque jour que Dieu fait, je veux m'offrir un nouveau jouet ! Dans ma quête de perfection, je recherche l'outil magique, celui qui possèdera toutes les qualités. Un mirage trompeur car même l'ordinateur ultra-portable dernier cri avec processeur Duo-Core aura les défauts de ses qualités: soit un écran trop mesquin qui coupe la page en trois, soit une autonomie de chandelle qui brûle par les deux bouts ou alors une coque en plastique digne des jouets fabriqués en Chine par Mattel. Et puis, à continuellement fourbir mes épées, je finirai par ne jamais partir en croisade! Je demeurerai seul dans ma forge, éternel insatisfait. Mon oeuvre attend depuis trop longtemps. Comble de l'ironie, le stylo qui la construit ce soir est un Bic noir d'humble facture. "Le Sage montre l'étoîle mais l'imbécile regarde le doigt". Si je ne me ressaisis pas, je mourrai, sec de ma semence, tel un champ de blé resté sans épis, passé directement de l'herbe verte à la paille sèche.

27/09/2008

De la naissance à la renaissance.

321566394_31d65cbd8b.jpgEtre éternel, renaître à soi-même. Osons imaginer que dans quelques milliards d'années, ayant épuisé toutes les combinaisons possibles, le savant ordonnateur de nos existences (hasard, destin, Dieu) recompose le puzzle d'atomes qui nous fait être ce que nous sommes aujourd'hui. Nulle chance n'est impossible lorsque l'on a l'éternité pour essayer. Mais serait-ce une chance de revenir à notre point de départ? La somme de nos échecs soustraite de la division de nos cellules ne produit pas nécessairement la multiplication des pains! Le miracle sera sans doute de sentir confusément dans nos prochaines vies que nous fûmes,  différents,  et que le savoir accumulé en nous au fil des migrations de nos cellules pourra peut-être contribuer à nous rendre meilleurs. 

17/09/2008

D'une esthétique du langage (avec ou sans cosmétiques).

berrurier-dans-menage-tes-meninges-de-san-antonio.1208509275.jpgL'écriture est un acte de procréation différé. Deux sortes de vocabulaires y sont employés:  les mots usagés de la langue commune et quelques vocables rares qui suscitent des émeutes meurtrières  d'une ligne à l'autre. Les deux à trois cents mots usuels, véhicules de communication accessibles au plus grand nombre, sont porteurs de l'expression des choses ordinaires mais peuvent aussi, sous la férule de certains alchimistes du verbe, se métamorphoser en sondes intergalactiques. Il y a de toute évidence deux catégories très différentes d'utilisateurs du langage: les badauds et les authentiques aventuriers. Les motivations de ces deux catégories de "conducteurs" sont à la fois très similaires dans leur essence et catégoriquement opposées dans leur expression. L'acte d'écrire est souvent  la matérialisation d'un refus d'agir dans "l'immédiateté du faire". Il peut être aussi l'expression d'une pulsion procréatrice déviée de sa trajectoire initiale. Ce sentiment d'inadaptation au monde mobilise un "flux poétique" qu'après coup "l'écrivant" démantèle au terme de son aliénation transitoire. Maladresse, absence de motivation, il est rare que ces voix presque inaudibles  portent très loin. Nous sommes ici à des années-ténèbres des "Illuminations" et bien peu de navigateurs partis à la dérive franchiront le "Cap-de-Bonne-Espérance". L'acte d'écrire comme l'acte de tuer ne fait pas de vous automatiquement un poète ou un assassin. Il y a, souvent même, des circonstances atténuantes.

09/09/2008

Des espèces en voie de disparition.

POpe.jpgMon goût  pour la retraite et l’étude m’a conféré une réputation d’ermite savant auprès des habitants du pays. Si par mégarde l’un d’eux me croise sur un chemin désert, il prend  grand soin d’accélérer le pas  afin de ne pas avoir à me saluer. La maison où je demeure est  plantée sur un coteau qui domine la vallée à deux kilomètres à vol d’oiseau du plus proche hameau. Lorsque la neige tombe en abondance, il peut se passer plusieurs jours sans qu’un promeneur s’aventure dans ces parages. Ce matin-là, alors que je cultivais avec application mon demi-sommeil, - qui chez moi serait plutôt un demi-réveil, attentif que je suis aux bruits ambiants, aux lumières et aux odeurs qui se glissent furtivement dans ma chambre  à cette heure privilégiée et qui viennent dégourdir mes cinq sens -, je perçus, de plus en plus nette, l’approche d’une véritable armée avec ses fantassins, ses cavaliers et ses chariots transportant vivres et munitions. Mon premier réflexe, hérité des temps de guerre, fut de bondir hors du lit et de me précipiter vers la fenêtre, pressentant le pire. J’écartai un volet, juste assez pour apercevoir les habitants du village d’en-bas venus en masse et tous vêtus de leurs habits du dimanche. Le cœur battant la chamade et le souffle court, je poursuivis mon observation, toujours sans me montrer, afin de découvrir les intentions de cet attroupement  pour le moins insolite dans un tel lieu.  Peu à peu, la panique abandonna mon esprit car,  ce que j’avais  interprété comme les préparatifs d’un lynchage, se transformait en ceux d’une  fête votive avec ses lampions disposés entre les arbres, son mât de cocagne (que j’avais  tout d’abord pris pour une potence), ses stands de crêpes et sa buvette. Encore plus étrange, tous ces préparatifs s’effectuèrent dans le plus complet silence. Une heure plus tard,  jugeant certainement que tout était prêt, la fanfare municipale se mit en ordre de marche et prit  la direction de la maison  puis,  sur un signe du maire ceint de son écharpe tricolore,  attaqua une Marseillaise improbable. Avant que l’édile eût frappé, je pris l’initiative de paraître dans l’encadrement de la porte et de faire face à l’imposante cohorte.   A ma vue, la troupe stoppa net son avance et un demi-cercle curieux  se forma autour de moi.  J’eus le plus grand mal à dissimuler mon trouble lorsque le maire entama  la lecture d’un discours  surréaliste dont je ne comprenais pas  le moindre mot. Par quelle plaisanterie s’adressait-on à moi dans une langue étrangère ?  A tendre l’oreille, je discernais bien dans ce verbiage quelques lointains vestiges de vieux Français, mais le sens général  du propos m’échappait complètement. Quand j’eus la certitude que l’envoi était terminé, je serrai énergiquement la  main de l’élu  pour le remercier  tout en adressant un salut timide à la foule.  Comme tous semblaient attendre que je répondisse à ces chaudes embardées, j’improvisai une réponse où je les félicitais pour la farce très réussie qu’il venait de me faire. A  leurs yeux écarquillés,  je suspectai très vite qu’il y avait de l’ambiguïté dans l’air: comme moi tout à l’heure, ils semblaient ne pas  comprendre le sens de mes propos alors que  je m’exprimais dans ce qui était,  autant que je puisse le subodorer, leur langue maternelle. Après cette journée déconcertante,  le conseil municipal vota  des mesures conservatoires destinées à mettre à l’abri le dernier des Mohicans. Dès le lendemain, la force publique fut mandatée pour me ramener au village où l’on  m’enferma au milieu des livres de la Bibliothèque devenue un musée (et, je le crains, un zoo).  J’eus la confirmation, après de longues recherches et  de multiples recoupements, que  j’étais le dernier homme vivant à parler et à écrire le Français de Voltaire et de Proust.

 

 

 

06/09/2008

De l'auteur déguisé en ménagère de moins de cinquante ans.

ménage.gifAfin de préserver l’illusion que chaque objet a une place bien à lui, je dispose des boites partout, dans l’armoire de ma chambre, dans le buffet de la cuisine, sur mon secrétaire, sous mon lit. Dans une énorme malle de voyage datant de l’époque des diligences, j'accumule des bouts de papier griffonnés, mélangeant indifféremment poèmes, notes, lettres d'amour et liste de courses. J'écris au crayon feutre noir ou rouge sur tout ce qui me tombe sous la main. Le linge propre, je le dépose dans des corbeilles que je stocke dans la chambre d’ami. Lorsque je n’ai plus rien à me mettre, que les armoires ont été vidées, je fouille les enchevêtrements de tissu jusqu’à découvrir la chemise, le pantalon ou le slip recherché. Tous les jours, je lave quelque chose à la main avec du savon ou du Mir, des sous-vêtements, un pull, parfois un pantalon qui pourrait décolorer. Pour le repassage, je ne touche à rien pendant des semaines puis, la vision de ce champ de ruines me devenant insupportable, je finis toujours par craquer ! Alors, je me jette à corps perdu dans la besogne jusqu’à complet épuisement ne faisant relâche que la dernière paire de chaussettes rangée dans la commode. La cuisine reste ma discipline favorite. Ce midi, j'ai décidé de faire de la brandade de morue, la salée qui s’achète dans des boîtes rondes en osier. Je la mets à pocher dans un grand faitout. Au moment de l’émietter je rajoute cinq ou six pommes de terre pelées. Je laisse cuire une demi-heure. Pendant ce temps, je confectionne la sauce blanche avec du beurre, de la farine, quelques câpres et de l’eau de cuisson. Un régal avec une baguette pas trop cuite et un verre de blanc (vendanges tardives). 

05/09/2008

Du sentiment profond que nous sommes au monde.

_Le_sommeil_de_Saint_Pierre.pngAs-tu vraiment conscience d'être vivant? Courbé sous le verbe, buvant les syllabes en brèves goulées, tu vis au centre de ta vie comme dans l'épaisseur d'une maladie. Chaque mot épelé s'arrache du ruminement intérieur avec un grondement de bête forcée. Malgré l'oeil du hibou qui t'observe, tu poursuis ton périple nocturne. Peux-tu affirmer sans te pincer la peau de l'avant-bras que tu es présent au monde?  Non. Il te faut accomplir toute une série de vérifications, t'interroger, prendre ton pouls, contrôler ton reflet dans le miroir avant de pouvoir envisager que tu appartiens toujours aux espèces vivantes. Or, dis-toi que perdre la conscience d'être vivant, c'est déjà être mort et qu'il suffit de lâcher prise pour glisser vers le néant. 

29/08/2008

Des détails de l'histoire.

neolithique_02.jpgDe nos jours, peu de gens s’arrêtent aux détails. Mais n’est-ce pas là une erreur à laquelle succombe le genre humain parvenu à un état suprême d’évolution ? Ce sont pourtant les détails qui font les chefs-d’œuvre de l’art et ceux de la vie. Du verbe «détailler» on extrait «taille» qui signifie entre autre «hauteur du corps humain». Déjà, au onzième siècle, «La Chanson de Roland» familiarise l’expression «tailler des croupières» devenue très populaire depuis et «taillandières» qui s’applique à de jeunes et jolies personnes aux mœurs très légères, autrement nommées «lavandières» ou «vivandières».  Vers la même époque, toute une école de graveurs passés à la clandestinité commercialisent des images représentant le détail des mœurs intimes de leurs contemporains. Ces «tailleurs d’images», tel était leur nom, exerçaient leur art sous le manteau, bien sûr !  André Chénier, le poète sans tête, ne s’y est pas trompé qui consignait sur son calepin des «Gracques» : ces détails se gravaient dans mon cœur agité . Il pouvait l’être, agité, le cœur du petit André, mais qu’il se rassure, bien avant lui la très prude Madame de Sévigné avait connu les affres de la trilogie mari-femme-amant : Vous savez , écrivait-elle à sa fille, Madame de Grignan, que nous avons réglé que l’on hait autant les détails des gens que l’on n’aime guère qu’on les aime de ceux que l’on aime beaucoup. Diderot que l’on n’attendait pas en pareille posture et que je soupçonne d’avoir eu d’inavouables penchants pour le sexe fort, écrivait dans son «Eloge de Richardson» : Les détails de Richardson déplaisent et doivent déplaire à un homme frivole et dissipé… comme moi, néglige-t-il de préciser. La toujours exubérante Madame de Sévigné remue le couteau dans la plaie et confesse tout de go : Je lui racontais tout le détail de nos misères. A qui? Quand ? De quoi ? Que nous importe ! L’essentiel est de savoir que le confesseur de la noble dame ne s’ennuyait pas à vêpres. Un autre homme d’église, Fénelon, exhortait ses fidèles avec ses commandements : Vouloir tout examiner par soi-même, c’est défiance, c’est petitesse, c’est se livrer à une jalousie pour les détails qui consume le temps et la liberté d’esprit nécessaires pour les grandes choses. Mais avait-il lui-même l’esprit occupé à autre chose, cet homme de robe qui ajoutait : Un esprit épuisé par le détail est comme la lie du vin qui n’a plus ni force ni délicatesse. Comme lui, le commun des mortels n’échappe pas à cette inexplicable prédisposition à regarder s’agiter les froufrous : Les chaircutiers de Paris ont une particulière manière à détailler les lards , ou comme le constate Montesquieu: Les hommes fripons en détail sont en gros de très honnêtes gens. Le monde animal est lui aussi pénétré de ces mœurs bestiales comme nous le conte le sire de Palissy : La grole, pensant que ledit renard fust mort, se va poser sur son ventre, pensant de son membre que ce fust quelque chair déjà commencée à détailler?

En somme, cette revue de détails me laisse comme un doute : est-ce un remords? Est-ce un regret? 

25/08/2008

De l'art de tout perdre sauf son temps.

laure-manaudou-en-pleurs-apres-son-400-m-15.jpgAu greffe de la Santé, ta  fiche anthropométrique t'a trahi: visage mal rasé malgré la toilette matinale, cheveu rare, oreille défaillante qui se prête aux malentendus. Tu es de la race de ceux que l'on déboute, de ceux qui boivent le bouillon, de ceux qui y laissent des plumes.  "Je perds, je m'y perds, j'y perds", tu pourrais ainsi conjuguer jusqu'à plus soif, décliner à la demande, le verbe "perdre". Mais le temps du vaincu, du culbuté, de l'écrabouillé vaut-il moins cher que celui de l'éternel vainqueur, du tailleur en pièces patenté ou de l'asservisseur cravaté? Probablement  pas.  Alors,  faut-il guérir de ce cancer impardonnable qu'est  l'absence de combativité? Faisons le point sur l'état d'avancement des progrès de la science en la matière: il n'existe pas de remède connu et le mal est incurable. Le patient n'aura donc aucun intérêt à changer de rasoir ou à s'épiler le menton à la cire. De même, inutile qu'il gaspille son maigre salaire pour acheter à prix d'or des lotions miraculeuses qui ne feront qu'accélérer la chute de ses derniers cheveux. Je déconseille également le cataplasme à base d'urine de yack (outre l'odeur épouvantable, il peut provoquer des brûlures au troisième degré).  En conclusion, je t'encourage à faire preuve de discernement et à cesser sur l'heure de tenter de remonter les chutes du Niagara à la nage. Il faut s'accepter tel que l'on est et comme le lépreux évite de se gratter à tout bout de champ, toi évite les miroirs, les sociétés multinationales et les écoles supérieures de commerce.   Ainsi, tu pourras toujours répondre aux donneurs de leçons que ce qu'ils croyaient que tu n'avais pas compris,  en fait tu ne l'avais simplement pas entendu.  Pour ta calvitie, console-toi en songeant qu'Humphrey Bogart et Warren Beatty portaient des prothèses capillaires, ce qui ne les a pas empêché de séduire les plus femmes d'Hollywood. Looser, mon frère, pour gagner la paix de l'âme, il faut n'envier personne. Accorde plutôt de la compassion à tous ces chasseurs de médailles qui ont le sentiment d'avoir échoué s'ils ne montent pas sur la première marche du podium.  En effet, la mort rôde sous leurs fenêtres: l'ulcère, l'infarctus ou l'accident vasculaire cérébral guettent  tous ces décrocheurs de timbales. Pense aussi que celui qui a tout gagné a tout à perdre!  Tu me diras que ces belles paroles t'ont mis du baume au coeur mais que la blessure se réouvrira à la moindre contrariété, que la vie continuera à te faire des enfants dans le dos et à te donner des coups de pied dans le ventre. Le cocu qui connaît sa situation n'a plus de raison d'être jaloux. Il n'a plus l'incertitude pour le tarauder et le poison du doute ne lui fera pas commettre l'irréparable. D'après toi, pourquoi le perdant, le vrai, celui qui s'accepte tel qu'il est, franchit-il tous les obstacles sans encombre? Eh bien, simplement parce qu'il ne les voit pas! Alors, revendique haut et fort ton statut de dernier de la classe, détache-toi des futilités de ce monde. Il est probable que si tu n'accèdes pas à la sainteté, tu pourras au moins couler des jours tranquilles.    

24/08/2008

Des embuscades et de ceux qui n'en réchapperont pas.

 

afghan.jpgQuelques réflexions destinées aux soldats de fortune et d'infortune.

"Le temps me tente dans sa brièveté" pensait le caporal D.  au moment où la roquette lui explosa au visage. "Pas de longueurs, pas de graisses, des nerfs seulement, mener ma vie tambour battant" venait de lui confier son voisin de gauche, un croate fier de son recrutement dans la légion étrangère. Lorsque les premiers tirs fusèrent sur la patrouille, le lieutenant  G. regretta amèrement de ne pas avoir donné à son détachement les vraies consignes, celles qui auraient permis à la bleusaille de sauver sa peau en cas de coup dur: "Combattre sans rechigner mais en sachant que la fuite évite de mourir d'une mauvaise mort et ne pas courir vers les balles qui ne vous sont pas destinées".

 

23/08/2008

De l'intranquillité chez Fernando Pessoa.

fernando pessoa.jpg(Ecrit d'une main agile dans les marges de Fernando Pessoa)

La révolte est un état naturel de l'âme, elle la trempe, l'aiguise, lui donne corps. Créer, c'est révéler: la sculpture est déjà dans le marbre avant même que l'artiste ne donne le premier coup de burin. L'invention d'un trésor, c'est sa découverte. Chacun de nous possède des forces surhumaines, inutiles car jamais sollicitées. Pessoa a usé sa vie à esquiver les coups, satisfait de ne pas avoir sombré dans l'oeil noir du néant. Tactique dangereuse pour les boxeurs de la rue car le premier coup qui les atteint leur arrache la moitié du visage. Surgissent alors des terreurs oubliées, peur de la nuit, peur du feu, peur de l'autre. Rien à faire! Chaque geste nous éloigne au lieu de nous rapprocher de la vérité de ce que nous sommes. Pourquoi cet acharnement à vivre si la mort doit effacer la somme de nos efforts? Comme une équation démontrée sur le tableau noir, la justification de cette lutte furieuse réside dans l'acte: FAIRE....

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