20/08/2011

Et si le Big-bang n'était qu'un pétard mouillé?

 

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Depuis que j’écris mes textes directement sur l’ordinateur, je ne souffre plus du syndrome de la page blanche. Ma pensée s’est fluidifiée et je trouve mes mots sans avoir à les chercher très loin.  J’entends distinctement le  grondement sourd des gens qui rêvent dans la ville endormie.  Le matin monte. L’aube va éclore. Au réveil,  beaucoup ne se souviendront même pas du cauchemar qui les a tourmentés des heures durant.  Avoir repoussé à des milliards d’années-lumière les limites de l’univers n’a pas ajouté un pouce à l’étendue de notre intelligence, à la profondeur de nos intuitions. Il y a même chez l’homme une tendance à régresser, à nier les évidences, à fuir les constats, une propension à accélérer le pas à proximité du gouffre.  Comme le trader qui au-delà de ses algorithmes n’a aucune vision globale du monde, la plupart des individus ne perçoivent que des bribes de réalité. L’humanité aurait-elle touché le sommet de sa courbe et n’aurions-nous rien à attendre de l’avenir?[1]  Il est certain que jamais les circonstances ne furent plus favorables que durant les deux derniers siècles.  L'ultime pas en avant reste le plus difficile à accomplir. Nous ignorons toujours l’essentiel : d’où nous venons,  où nous allons et pourquoi nous existons.  Alors, un peu d’humilité ne ferait pas de mal à nos savants et à nos philosophes qui  n’en savent pas plus aujourd’hui qu’un bel esprit du siècle des Lumières. 



[1]  Maurice Maeterlinck, Avant le silence.

18/08/2011

Un voyageur imprudent se perd dans l'espace-temps.

 

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Sur la route de Thèbes, le Sphinx formule son énigme à un voyageur imprudent: «Dans l’éternel présent, qui est la seule réalité du temps, que pèse une vie humaine ? » Comme les autres avant lui, l’estafette ne savait pas que dans l’éternel présent on pouvait parfaitement se voir mourir avant de naître et son ignorance lui coûta la vie. Et la vie vint alors de la mort, de l’intérieur même de la lumière du jour. Ici-bas, il n’y a pas d’autre noirceur que l’invisible opacité d’anciennes agonies. Combien de temps durera ce jour ? Tel un vampire réveillé par le soleil de midi, tu retiens ton souffle et rejoins le cortège des sentinelles. Si tu admets que la terre est contemporaine de l’univers, pour arriver à l’homo sapiens vieux de 75 000 ans, il se serait écoulé pas loin de 4 milliards d’années. Est-il vraiment certain que sur une aussi longue période il n’y ait eu qu’un seul cycle d’évolution ? D’autres civilisations aussi avancées que la nôtre n’auraient-elles pas pu apparaître et disparaître avant cette soixante-quinze millième année ? Notre mémoire ne remonterait-elle pas beaucoup plus loin que l’existence même de notre espèce ? Quels enregistrements infiniment lointains se dissimulent dans nos chromosomes et dans nos gênes. Les mythes sont les traces de ces passages et nous pouvons les considérer comme des résurgences, des stigmates d’autres formes d’humanités disparues depuis des millénaires. C’est pourquoi il n’est pas déraisonnable d’oser croire que tout est éternel sinon dans la forme, du moins dans l’essence. Quelle justification peut-on donner à une vie qui composerait [avec des milliards d’autres vies qui l’ont précédé, accompagné et qui lui succéderont] le maillon inutile d’une chaîne qui n’a pas de fin ? Accepte l’idée extravagante que si nous sommes tous contemporains de Dieu, nous vivrons aussi longtemps que lui.

13/12/2009

De ceux qui ne dorment que d'un oeil.

Serie-noire-6-zoom.jpegJ'aime que le froid vienne secouer le cocon fragile de mon endormissement. La nuit, enveloppé dans une fine couverture sur le canapé du salon, je m'endors bercé par la flamme vacillante de la dernière bûche qui se consume dans la cheminée. Mes rêves vont et viennent au gré de la température de la pièce qui se refroidit au fil des minutes. La pensée s'aiguise ainsi, entrecoupée de courtes phases de sommeil, jusqu'à que chaque problème posé ait trouvé une solution. Même si cette course grelottante derrière le sommeil pourrait finir par être épuisante, je ne m'en réveille pas moins l'esprit clair et l'intelligence disponible. Ce régime spartiate possède quelques similitudes avec la pratique chère aux moines cisterciens qui consiste à somnoler assis sur une chaise et une cuillère à la main. Dès que le cénobite s'endort, même pour une fraction de seconde, la cuillère tombe à terre et le réveille.

05/12/2009

De l'art de bien philosopher.

ph041267.jpgIl n'est pas d'issue possible pour celui qui persévère dans l'ignorance. La connaissance, même s'il ne s'agit pas d'un état mais plus exactement d'une quête qui n'aura pas pu aboutir à l'instant où nous mourrons, est la clé du bonheur puisqu'elle nous permet d'établir "un contact confiant avec la réalité" (Epicure). Chacun de nous, à son niveau, devrait se mettre en marche et "philosopher" en se fixant pour premier objectif de comprendre l'univers qui l'entoure. En effet, celui-ci  constitue pour beaucoup d'entre nous  l'essentiel  de notre expérience olfactive. En observant avec soin les petits évènements auxquels nous participons, il est possible d'en comprendre les mécanismes et parfois même de les déjouer. Il n'y a rien de plus gratifiant que de reprendre les rênes de sa vie même pour un court instant. Je pratique cette introspection depuis l'adolescence avec pour effet collatéral une compréhension prédictive de l'avenir. A cela rien de mystérieux: comme beaucoup de passionnés de chiffres,  je sais qu'il existe un lien entre la question et la réponse.   Ibn Khaldun dans ses "Prolégomènes" évoque l'étrange "calcul de la révélation" qui consiste en une prédiction des évènements futurs en utilisant la logique arithmétique. Mais je reste sceptique en ce qui concerne les pratiques des astrologues ou des devins. Le Coran évoque avec sagesse  l'attitude humble que nous devons garder face à l'avenir: "Dieu sait, et vous ne savez pas"(sourate 2, verset 216).

03/12/2009

Notre impatience à mourir.

mort,temps,fuiteOn parle avec délices des outrages du temps pour justifier soit les rides profondes d'un visage sur le déclin soit la disparition du dernier cheveu sur le crâne d'un futur chauve. Le temps n'existe pas. En fait, nous avons inventé des instruments pour mesurer notre incapacité à vivre éternellement. Son cours est une sombre équation à plusieurs inconnues qui se pose comme la manifestation de notre impatience à mourir.

 
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