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ANGE HEURTEBISE

  • L'orage qui gronde

     

    Toi qui le pinceau à la main

    Apprivoise le vol des satellites

     Et dénoue les lignes géométriques

    Des horizons lointains

     

    Toi qui vêtue de vent et de fer

    Combat à mains nues

    Les anges venus des enfers

    Sans avoir peur de l’inconnu

     

    Toi que j’ai rêvée en pleine lumière

    Une nuit où l’orage grondait

    Toi qui n’as que faire

    Des titres de propriété

     

    Toi trace éphémère

    Dans le ravissement comme dans l'effroi

    Toi gorgée de lumière

    Bue dans le désert comme dans le froid

     

    Toi éprise de soleil et d’espace

    Tu ouvres grand tes fenêtres

    Tu ouvres grand tout ton être

     A l'ouragan qui passe

     

    Toi coupée en six

    Devant cette lune entière

    Tu vois à tous les solstices

    S'ouvrir l'écorce de la terre

     

    Moi qui ne savais rien de toi

    Avant ce jour béni entre tous

    Je viendrai ce soir rêver sous toi

    Roulé dans ton odeur de pamplemousse

     

    Devons-nous parler devons-nous nous taire 

    Nos lèvres mêlées nos corps enlacés

    Plus bavards que nous feront à l’univers

    Le récit de cette prodigieuse épopée

     

  • Du temps perdu et de sa vaine recherche.

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    "Periculosum est credere et no credere" disait Phèdre. Il est dangereux de croire et de ne pas croire. Nier les faits a priori, c'est orgueil et sottise ; les accepter sans inventaire, c'est faiblesse et folie.  Je souffre du temps gaspillé à ne rien faire.  Vivre ne consisterait-il qu'à gâcher du temps ? Chacun devrait chercher et trouver la grande tâche qui donnera un sens à son existence. Mais la question pourrait se poser autrement : pourquoi donner du sens à sa vie si la mort nous renvoie au point de départ, si elle remet sans cesse les compteurs à zéro ? Chaque jour davantage, je serre les dents, volonté farouche d'écarter les soupçons, de les tenir à distance de mes certitudes inébranlables. Jamais je n'eus autant besoin de te prendre dans mes bras. Mais j'ai ma fierté, moi que l'on croyait mort alors que je n'ai jamais déserté ces parages. Mensonge !  Je suis las de faire croire que mon corps a le même travers (puisque son ombre n'a pas bougé), les lignes inchangées depuis l'adolescence. Mensonge !  Je suis ressuscité d'entre les vivants et, comme pharaon, le moindre courant d'air suffirait à disperser la poussière dont je suis fait de la tête au pied. Ainsi, je me dois de demeurer, enveloppé dans mes vieux vêtements, momie indissociable des bandelettes qui habillent son éternité.

     

  • Des bruits qui courent.

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         Personne ne sera son juge et il ne plaidera pas coupable. Les principales victimes de la justice des hommes ne sont pas les assassins dûment pourvus d'alibis en béton armé mais les innocents par définition désarmés.  Certes,  les blanches colombes  ne devraient pas avoir peur des bruits qui courent mais quand même se méfier  de la bêtise de ceux qui croisent leur route. Quel innocent blanchi du bout des lèvres par des juges qui se croyaient infaillibles a pu retrouver son intégrité et sa respectabilité ?  Pas Dreyfus dont la carrière militaire n'a jamais décollé après son acquittement, pas Pierre Goldman assassiné par un commando nommé "Honneur de la Police", pas Patrick Dils qui se voit toujours refuser  les postes au contact des enfants (le fameux principe de précaution). Lancez une rumeur sur internet en ayant l'air sûr de vos sources, choisissez les bons relais d'opinion pour qu'elle circule vite et il y aura bien un journaliste du Canard ou un pigiste de Mediapart pour en faire ses choux gras. Et, comme la justice quand elle fait fausse route (en ayant détruit, laminé, réduit à néant la vie d'un innocent), la presse rechigne à reconnaître ses erreurs. Celui qui avait fait l'ouverture du journal de 20 heures comme coupable désigné devra se contenter de 3 lignes lapidaires dans un quotidien régional pour annoncer sa relaxe. 

  • Le temps béni de l'Inquisition.

     

    littérature,poésie,philosophie,sagesse,bonheur

     Pourquoi jeter des ténèbres sur l'idée-même de Dieu ? A quoi cela sert-il d'admettre sans discussion que l'homme est seulement un peu de viande en route vers le néant ? Quel risque prendrions-nous en reconsidérant une position pour le moins inconfortable et en envisageant la possibilité que la création de l'humanité fut le fruit de l'imagination débordante d'une force surnaturelle, l'effet d'une cause qui nous dépasse ? Aucun, évidemment. Alors, pourquoi nous en tenons-nous à des évidences qui n'en sont pas, à des théorèmes incompréhensibles et non avérés, à des "big-bang" qui ressemblent à des pétards mouillés, à l'invraisemblance d'un univers en expansion  parti d'un seul atome chauffé à blanc ?  L'éclat fossile des étoiles éteintes  apporte-t-il la preuve indiscutable que l'univers ne sera pas éternel, qu'il a eu un début et donc qu'il aura une fin ? Est-il si stupide que cela de supposer que le cerveau des scientifiques pourrait présenter une hypertrophie de l'hémisphère droit (celui qui calcule) et une atrophie de la zone proche du cortex, le lieu où naissent les intuitions les plus remarquables ?  Il est si facile de railler les poètes et les hommes de foi mais que dire des  esprits faibles qui s'agenouillent devant les prix Nobel et leurs dogmes qui ne supportent aucune contestation, sinon qu'ils nous ramènent au temps béni de l'Inquisition.          

  • J'ai oublié jusqu'à mon nom.

      Je ne parviens plus à toucher terre, emporté que je suis dans un tourbillon de tâches sans grande importance. J'ai du mal à croire en quelque chose. La foi est le privilège des oisifs. Il faut du temps devant soi, derrière soi, autour de soi, pour se poser toutes les questions qui finiront par mener à la seule réponse acceptable : oui, je crois car je n'ai aucun intérêt à nier les évidences, même les moins évidentes. Et quand il est question de croire, la divinité n'a guère d'importance : Dieu, la Science, l'Argent, le Sexe, la Politique. Allah est grand et Zeus presque oublié entre les lignes d'une légende urbaine. Pour ce qui me concerne le débat est clos depuis longtemps : l'éternité sera mon voyage et la mort un simple passage d'une vie à une autre. Cette illumination m'a saisi dès l'enfance et je ne l'ai jamais remise en cause même en la juxtaposant à la médiocrité de mon parcours. En effet, réussir socialement, sortir du rang, devenir un leader charismatique ne signifie rien. Un simple effet de mode, un quart d'heure de gloire éphémère sans grande signification quand on dispose de l'éternité devant soi.  Ces gloires de pacotille ne font frémir que les âmes molles  dont les contours fondront aux premières chaleurs de l'été en révélant en pleine lumière le vide qui les habite. Je suis toujours un peu sur la défensive quand j'affirme mes certitudes. Sans preuve irréfutable il n'est pas de procès qui se gagne sans risque d'appel ou de cassation. J'admire ceux qui savent raconter les mille et un détails de leur vie quotidienne, transformant d'un coup de baguette magique les cailloux du chemin en pierres précieuses. A moi, tous ces trésors me tombent des mains.  Je ne suis jamais parvenu à les retenir et ils se perdent dans un nuage de poussière. Je me demande si la grandeur d'une vie ne se niche pas là, dans ces moments de grâce saisis au vol par un observateur attentif qui ne perd rien de ce qui se déroule autour de lui, gravant dans le marbre chaque événement d'une vie gâchée. Le microscope permet de scruter les limites de l'univers, de découvrir de nouvelles galaxies intérieures avec leurs étoiles, leurs planètes et leurs trous noirs. Des astres qui naissent et qui meurent dans un grain de sable. J'ai toujours envisagé avec enthousiasme ce scénario et que la connaissance viendra de notre observation de l'infiniment petit.