04/05/2008
Des beaux arts considérés comme un assassinat.
Que restera-t-il de nous dans deux siècles? Le souvenir ne se perpétue vraiment qu'à travers ce que nous avons créé. Ainsi, celui qui sera resté stérile ne se survivra pas. Il est vital de laisser des traces derrière soi. Il faut fabriquer du beau pour donner à tous ceux qui en hériteront l'envie de le préserver. Belles-lettres, beaux-arts ou grande musique, le médium n'a pas grande importance, l'essentiel est ailleurs: seul compte le geste, l'accomplissement de soi. Ce que nous avons fait parlera de ce que nous avons été mieux qu'une épitaphe sur un bloc de marbre. Dis-moi quel est ton talent et je te dirai comment en faire bon usage.
15:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, philosophie, spiritualité, religion
06/04/2008
De ceux qui perdent pied sans perdre la tête.
J'ose affirmer que la mort est un réveil en sursaut d'une nuit plus ou moins courte car la durée de ce sommeil réparateur varie selon les êtres. Le spectacle de l'écheveau d'une vie qui se désembobine est souvent l'occasion d'éprouver une foule de sentiments contradictoires. Tout d'abord un sentiment d'impuissance puisqu'après avoir tenté de résister à une force supérieure, il a bien fallu se rendre à l'évidence et cesser toute lutte. Puis, un sentiment d'injustice: pourquoi moi et pourquoi maintenant alors qu'aucun signe annonciateur n'aurait pu laisser supposer que la catastrophe était si proche. Enfin, et c'est peut-être le plus étrange, un profond soulagement de ne plus avoir à porter le monde sur ses épaules, d'être autorisé à lâcher prise. Alors, les coups reçus ne font plus mal et il devient enfin possible de pleurer sans honte.
14:32 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, journal intime
23/02/2008
De nos chers disparus qui se demandent pourquoi nous ne leur parlons plus.
Pour tuer un mort à coup sûr, il suffit de le laisser reposer en paix, de ne plus jamais évoquer ce qu'il fut et, pire encore, de ne plus lui adresser la parole. Pourtant, ceux qui sont partis aspirent à continuer à vivre à travers nous. Ils désirent plus que tout au monde (l'autre) entendre encore et encore la voix de ceux qu'ils ont quittés à contre-coeur prononcer leur nom avec une émotion contenue et des regrets éternels. Les morts savent vivre et nos silences, ils le savent, ne sont que les antichambres de l'oubli. C'est l'une des étranges coutumes du deuil en Occident: faire table rase, vider les armoires, jeter les lettres et les photos, passer à autre chose et bien souvent à quelqu'un d'autre. Et puis, la Toussaint permet de se donner bonne conscience, un jour par an vite expédié, un pot de chrysanthèmes et l'on repart pour trois-cent-soixante-quatre jours de tranquillité, déculpabilisés. Alors, pensons à nos morts, aimons-les comme s'ils étaient toujours parmi nous, avec plus de force que lorsqu'ils étaient vivants, parlons-leur de ce qui nous les rend irremplaçables...
22:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, vive la vie, spiritualité, religion, poésie, philosophie, journal intime



