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De ceux qui prient sans se faire prier.

    Beaucoup d'hommes et de femmes qui ne croient pas en Dieu ont un jour prié. D'autres  exigeront une preuve de l'existence d'un être supérieur avant de lui adresser une prière. Par quoi commencer ?  Par la profession de foi ou par l'expérience de laboratoire ?   La foi n’est pas un tremblement de terre mais un infime frémissement de la forêt intérieure caressée par une brise divine : « Esa noche sinti un cierto vértigo y volviό a delirar ». Quoi qu'il en soit, certaines personnes n'éprouveront jamais le besoin de prier parce qu'elles vivent en-deçà de toute spiritualité. Leur existence est factuelle, étroitement liée à la conquête d'avantages matériels. Le phénomène de la prière peut se passer de Dieu, c'est une affaire humaine. Rien à voir, ou si peu, avec les génuflexions et les paters appris par cœur et récités mécaniquement, sans véritable implication de ceux qui intercèdent. Ce qui prime avant tout, c'est le fait que « dans la prière nous nous élevons au-dessus de nous-mêmes ainsi que de tout ce qui nous entoure et portons nos regards dans le lointain, vers un horizon infini [1] ».  Celui qui prie puise en lui-même pour trouver la source qui apaisera sa soif de grandeur. Il y a un mystère en chacun de nous et nous en possédons la clé : sommes-nous sur cette terre par hasard, sans avant et sans après ?  Cette question nous brûle. Prier, c'est croire en l'avenir, c'est admettre que les choses peuvent changer. La prière surgit souvent dans les pires moments, en présence de la mort. Il y a des circonstances où l'espoir ne suffit plus, alors nous prions pour connaître des jours meilleurs. A cet instant, le passé n'est rien, seul compte l'avenir. En priant, nous allons aussi loin qu'il est possible d'aller, nous allons jusqu'au bout, jusqu'à la vérité ultime de ce que nous sommes vraiment. Les soucis,  quels qu'ils soient,  finissent toujours par se noyer dans un double-whisky.

 



[1]  Eugène Minkowski, le temps vécu. 

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