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Un désir satisfait est une petite mort.

   Il est terrifiant de se dire dans un éclair de lucidité que le projet qui m'a si longtemps conféré une identité, un statut, est en train de s'effondrer tel un château de cartes. Je vais devoir me faire à cette idée : jamais je ne serai un écrivain connu, reconnu, labellisé. Dois-je m'en plaindre ? Avais-je vraiment envie d'accéder à une gloire de monument aux morts ?  Né sous X qu'ai-je à faire de revêtir un habit d'immortel de pacotille ! Et pourquoi pas un uniforme de polytechnicien pour mourir sous X ?  Même à cela je ne puis prétendre. Alors j'usurpe, j'imposte, je travestis. Il m'est de plus en plus difficile de pousser la porte d'une librairie. L'étagère qui y accueille les nouveautés est un rappel cruel de mon manque de prolificité. J'ai fini par me convaincre qu'il est vain d'écrire à une époque où plus personne ne lit. L'obsession de la publication ne serait-elle  qu'une pathologie monomaniaque ? Mes rêves de gloire ont deux siècles de retard. Si Pablo Neruda ou Victor Hugo étaient encore parmi nous, ils seraient ignorés de tous. Alors quel sens donner aux vingt ou trente années qu'il me reste à vivre ? 

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