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23/02/2008

De nos chers disparus qui se demandent pourquoi nous ne leur parlons plus.

a2cb8d32829c921fc1985b8e3518ebff.jpegPour tuer un mort à coup sûr, il suffit de le laisser reposer en paix, de ne plus jamais évoquer ce qu'il fut et, pire encore, de ne plus lui adresser la parole. Pourtant, ceux qui sont partis aspirent à continuer à vivre à travers nous. Ils désirent plus que tout au monde (l'autre) entendre encore et encore la voix de ceux qu'ils ont quittés à contre-coeur prononcer leur nom avec une émotion contenue et des regrets éternels. Les morts savent vivre et nos silences, ils le savent, ne sont que les antichambres de l'oubli. C'est l'une des étranges coutumes du deuil en Occident: faire table rase, vider les armoires, jeter les lettres et les photos, passer à autre chose et bien souvent à quelqu'un d'autre. Et puis, la Toussaint permet de se donner bonne conscience, un jour par an vite expédié, un pot de chrysanthèmes et l'on repart pour trois-cent-soixante-quatre jours de tranquillité, déculpabilisés. Alors, pensons à nos morts, aimons-les comme s'ils étaient toujours parmi nous, avec plus de force que lorsqu'ils étaient vivants, parlons-leur de ce qui nous les rend irremplaçables...