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29/01/2008

De l'esprit et de la matière l'un avec l'autre ou l'un sans l'autre.

« Nous n’avons jamais vu notre pensée, pourtant nous savons non seulement qu’elle existe mais qu’elle a le pouvoir de transformer la matière [1] ».  Alors, à l’instant où nous mourons, que deviennent ces milliards d’influx électriques  capables de concevoir des gratte-ciels ou des navettes spatiales ? Le seul fait de se voir  privé d’oxygène à la suite d’une défaillance mécanique du véhicule  terrestre qui les transportait d’un point de l’espace à un autre suffit-il à provoquer leur disparition irrémédiable ?  Parce qu’ici-bas la pensée, autrement nommée intelligence ou imagination ou encore âme,  a toujours eu pour terreau la matière, qu’elle s’en nourrit mais aussi qu’elle la façonne à sa main (ne dit-on pas que la volonté déplace les montagnes), pourquoi ne pas envisager qu’un esprit possédât la double faculté de s’incarner puis, lorsque le temps en est venu, de se désincarner ? Dans cette hypothèse, le corps habité, possédé, colonisé  ne serait qu’une coquille d’œuf, un garde-manger, un abri destiné à favoriser l’épanouissement des facultés mentales. Evidemment, ce passage de relais d’un corps à un autre ne serait pas le simple transfert de la somme des pensées d’une existence humaine à une autre. Il est probable que beaucoup de pensées « fonctionnelles »  s’effacent alors n'ayant plus d'utilité dans ce nouveau contexte. L'une des principales activités du cerveau n'est-elle pas de trier, d'éliminer, de recycler la plupart des souvenirs ou des apprentissages pour ne garder que l’essentiel? Dans la même logique, avant de reprendre pied dans un nouvel organisme, les pensées se seront déstructurées pour se mêler à d’autres dans une espèce de terreau commun selon de subtiles affinités électriques.  « Pourquoi ne serait-ce pas dans ce plancton spirituel et universel que le génie humain puiserait de quoi se nourrir quand il quittera notre corps [2] ». Si l’immortalité vue par Maeterlinck est si troublante, c’est qu’elle ne semble plus contraire aux lois de l’univers telles que nous les connaissons. Ce serait un crime contre l’intelligence de rejeter sans l’avoir étudiée l’éventualité d’une certaine persistance de la conscience .



1  Devant Dieu, Maurice Maeterlinck

2  Id.

Des grands principes presque tous faux, en principe...

298c0e9cb05aab804ffc3c41fe8ef9f6.jpgJe reviens un instant encore sur un principe [car j'ai des principes], le principe d'Eternité. J'observe mes dissemblables, je les radiographie et une évidence s'impose à moi: ces êtres si imparfaits qui survivent le nez écrasé contre la vitre ont en eux un embryon de vie éternelle. En eux, certes, malgré eux, devrais-je dire, car la plupart de ces brouillons de titans s'emploient à ne rien laisser paraître de la survivance de pouvoirs anciens depuis longtemps laissés en déshérence. Pour être plus clair, lorsque je scrute un individu pris au hasard dans la foule, je refuse d'admettre que ce miracle de l'évolution construit à grand renfort d'apprentissages, même s'il gaspille quatre-vingt quinze pour cent de son potentiel, doive un jour disparaître et ne laisser comme vestiges qu'une vieille décapotable et quelques enfants adultérins. Le principe d'Eternité nie les évidences trop évidentes. Le ciel du jeu de marelle se gagne par la recherche de la clarté. En éclairant ses doutes de la lumière fulgurante des intuitions [que chacun a eues à un moment ou à un autre de son existence mais qu'il s'est empressé d'oublier, l'amnésie tuant plus sûrement que le cancer], l'homme de la rue se métamorphosera en demi-dieu.

27/01/2008

Le Discours du Grand Sommeil

79a31b99892e5db7934faf5eb5547497.jpg Le désir d'éveil est si fort chez l'homme que, de tout temps, il semble avoir cherché des drogues pour maintenir vive son attention 1.  Mais est-il besoin de faire appel à la chimie pour changer d'état, pour passer de l'hébétude à la pleine conscience? D'ailleurs, le premier niveau de lucidité n'est-ce pas simplement de pouvoir faire la différence entre veille et sommeil? Quand Jean Cocteau écrit le Discours du Grand Sommeil en 1916, dans un hôpital militaire proche du front, c'est autant de veille que d'éveil qu'il s'agit: Je flotte dans le songe, le monde au siècle instantané du sommeil d'où j'émerge comme un crocodile au milieu du trafic des pirogues. A quel moment sommeillons-nous, à quel autre pouvons-nous affirmer de manière certaine être réveillés? Pouvons-nous nous fier à nos sens? Par quels exercices entraîner notre conscience à rester en état d'alerte? Comment ne pas sombrer dans la torpeur confortable des actes répétitifs du quotidien? L'absence de spiritualité est le lot commun et toute tentative de fuite est étouffée dans l'œuf par mille et une préoccupations mesquines. Une sorte de pesanteur nous colle au sol et notre esprit ne parvient que très rarement à se détacher des contingences matérielles. Boire un café ou un verre d'alcool, fumer une cigarette ou du crack, voilà quelques uns des chemins de traverse pour se désinhiber, pour tenter maladroitement de stimuler ses neurones ou d'échapper quelques minutes à la profonde lassitude d'une vie ordinaire. Mais ces excipients ne produisent que des effets de courte durée et leur efficacité n'est pas systématique. Acquérir l'extra-lucidité et par là connaître sa position exacte dans l'espace et dans le temps, devenir capable de prévoir sa trajectoire à venir, cela peut-il, comme une carte au trésor, se trouver au fond d'une bouteille? Pour être maître de sa vie, la meilleure méthode consiste à s'interroger sans relâche, à mener l'enquête sur ses origines et sur le sens à donner à sa vie: Qui suis-je? D'où viens-je? Où vais-je? Et tant que les réponses ne te satisferont pas, repose-toi les questions.

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1.  Du  bon usage de la vie, Bernard Besret 

 

 

26/01/2008

De la lumière vivante des étoiles mortes.

051149cf8dd968c8bdfa15db23f9ea5a.pngCe n'est plus un secret pour personne et encore moins pour les astronomes, être immortel c'est demeurer visible aux yeux de tous ceux qui naîtront après nous. Et je n'ai pas cité les astronomes en vain, eux qui scrutent l'intimité des galaxies afin de capter la lumière fossile d'astres morts depuis des milliards d'années. Car ce que l'homme voit dans son télescope ce n'est pas l'étoîle qui a explosé il y a des lustres mais le rayon de lumière que sa désagrégation a propagé dans le vide sidéral d'un univers en expansion. Ainsi, si nous admettons comme vérité fondatrice que la matière ne meurt jamais grâce à l'énergie qui s'en dégage, nous ne pourrons pas faire autrement que d'accepter l'idée que l'homme, comme tous les animaux, comme toutes les plantes et comme tous les minéraux, est immortel puisque l'énergie qui se perpétue au delà de la courte parenthèse de son existence permettra d'en conserver une trace à tout jamais. Pourquoi n'apprendrions-nous pas, un jour, à comprendre? Ce n'est pas parce que nous ne savons pas expliquer une réalité qu'elle n'existe pas ! Tout ne se mesure pas à l'aune du savoir humain.

 

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