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12/12/2007
Des états hypnotiques et de ceux qui n'arrivent plus à rentrer chez eux.
J'observe mes compagnons d'infortune qui arpentent nerveusement les trottoirs de la ville. Ils ont presque tous en commun un visage inexpressif et un regard proche de l'hébétude. Aux mêmes heures du jour et de la nuit qui tombe tôt en cette saison, je les retrouve affairés à se rendre qui à l'école pour se débarrasser d'enfants illégitimes qui à l'usine pour boucher les trous de son compte en banque qui à son bureau pour faire de la figuration dans un mauvais film mais tous comme en état de choc, happés par une réalité ne laissant aucune place ni au rêve ni à l'imagination ni au hasard. Pas plus éveillé qu'eux, je tente d'échapper au sort jeté par une fée malveillante en m'asseyant à une table de Café. En tournant ma cuillère dans la tasse je pose l'équation dans mon carnet à spirale: L'être humain est-il capable de se soustraire à la sensation de ses cinq sens physiques et à l'asservissement neurologique au monde extérieur? Que faire pour se libérer durablement de l'état d'hypnose dans lequel nous plonge une vaine fascination pour des décors en carton-pâte?
20:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, vive la vie, spiritualité, poésie, philosophie
10/12/2007
Du cap de désespérance et de ceux qui le franchissent plein d'espoir.
Nous sommes tous immortels, que nous le voulions ou non. Que vaudrait une vie qui serait vécue sans cette certitude? Et puis que risquons-nous à choisir un tel principe comme socle de tous les actes que nous allons accomplir durant le reste de notre existence? Certains se battent pour gagner des médailles en chocolat, d'autres se laissent éblouir par ce qui brille mais si peu d'entre nous osent se regarder VRAIMENT dans la glace, de peur sans doute de croiser leur propre vérité, de voir leur âme surgir du blanc de leurs yeux, moins surprise de sortir ainsi, en pleine lumière, que d'être enfin devenue visible pour un propriétaire jusque là frappé de cécité. Mais quel homme ordinaire, tiré du troupeau qui se presse dans les centres commerciaux le samedi, trouvera les ressources nécessaires pour s'extraire de sa condition? A quelle élite est réservée l'élévation morale propice au jaillissement de l'illumination intellectuelle qui donne le sentiment d'immortalité? Peut-être n'est-ce que la peur de la mort, la hantise du néant ou plus prosaïquement la volonté de laisser une trace derrière soi. Mais, lorsque cette illumination éclaire votre nuit, une autre certitude vous saisit: vous ne pourrez plus considérer l'univers que vous habitez comme une mécanique froide car vous savez désormais que l'univers vous habite également, présence vivante dans laquelle votre temps individuel se perd, continuité où il n'y a plus de début ni de fin. Mais ceci est une autre histoire que je vous conterai une autre fois...
22:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, journal intime, poésie, vive la vie
05/12/2007
Du rififi dans les salsifis
Des pages se tournent, des livres se ferment, des bibliothèques s'enflamment, des villes sont saccagées, des pays basculent dans le vide, des continents dérivent, des océans finissent par s'assécher, des planètes meurent, des étoîles s'éteignent, des galaxies sont englouties par des trous noirs, alors que reste-t-il de nos haines quand on n'a plus l'amour pour éponger nos dettes de roulette russe?
21:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, rock, poésie



