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29/04/2007
De l'idiot du village et de sa fin pitoyable.
Il y a quelques années encore, même l'idiot du village avait sa place dans la communauté. Aujourd'hui la société occidentale se donne bonne conscience en parquant les handicapés mentaux derrière des grilles, des garde-fous. Ainsi, l'idiot du village n'est plus un poids mort et il apporte sa contribution au système de production en générant des postes de gardiens de zoos humains. La généralisation des échanges économiques à l'échelle de la planète uniformise les mêmes schémas dans tous les pays, développés ou en cours de développement: recherche du rendement maximum, efficacité technique, concentration géographique de la main-d'oeuvre. Le modèle le plus abouti se trouve en Chine. Ce pays est devenu en quelques années une vaste usine. Pour être à 100% efficaces, les entreprises chinoises sont organisées en camps de travail qui ne sont pas sans rappeler ceux de l'ex-URSS: l'ouvrier y vit 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans un espace clos comportant l'atelier, la cantine et le dortoir. La prosmicuité et un règlement intérieur strict veillent à tuer dans l'oeuf toute relation interpersonnelle et nient la sexualité. Pourquoi d'ailleurs accorder à l'homme, simple force de travail, un droit à la sexualité, puisque la Machine qui fonctionne si parfaitement bien n'a pas de sexe?
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27/04/2007
De la fin des espèces nuisibles.
Il n'est plus possible aujourd'hui d'occulter l'éventualité d'une disparition rapide de l'espèce humaine. Il est probable que, contrairement à ce qu'envisageaient les intellectuels des années soixante, ce ne sera pas à l'occasion d'un conflit atomique. Au vu des désastres causés par l'activité humaine, nul doute que la planète et ses autres habitants en éprouveront un soulagement certain. Et puis, chaque jour, des dizaines d'essences végétales et des animaux ayant survécu aux pires mutations disparaissent de la surface de la planète sans que cela n'en trouble les cycles immuables. Alors l’homme, aveuglé par son orgueil incommensurable, se prépare à devenir de l’énergie fossile, pétrole ou charbon. Encore, conviendrait-il de s’interroger sur ce qu’est l’homme. Il est indéniable qu'il existe un contraste entre le possible et le réel : à savoir l’utilisation de la science et des richesses naturelles à des fins destructrices qui risquent d’amener l’annihilation de l’humanité. Dans la ferveur des grandes découvertes du dix-neuvième siècle, les scientifiques nous promettaient le « paradis terrestre ». Pourtant, la désillusion ne se fit pas attendre et à l’instar de Marx, on dut admettre que « la machine prend avantage de la faiblesse de l’homme pour réduire l’homme à l’état de machine ». Freud fit le même constat en regrettant que les nouvelles conquêtes scientifiques ne soient mises au service des hommes que pour se combattre les uns les autres. Ainsi, le progrès permet à la civilisation de prospérer et d’aller immanquablement vers sa perte.
23:40 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, sagesse, spiritualité, vive la vie
22/04/2007
Du ras-le-bol de ceux qui boivent la tasse trop souvent.
Pour le plus grand nombre, la vie de chaque jour est une navigation dans le brouillard entre un travail dépourvu de sens et de rares moments d'intimité (à supposer que la télévision soit éteinte ou en panne). Pour que l'individu puisse "grandir" et que sa survie devienne une vraie vie, il faudrait qu'il dispose de la connaissance de lui-même. Pour cela, il incomberait à la société de fournir à chacun autant d'informations sur ce qu'il est, sur les mécanismes qui lui permettent de penser, de désirer, de se souvenir, d'être joyeux ou triste, calme ou angoissé, qu'elle en donne sur les biens matériels qu'il consomme. L'homme étant un animal curieux et comme rien ne l'intéresse plus intensément que lui-même, l'initiative serait promise au succès. Mais, les maîtres du monde ne sont pas des bienfaiteurs de l'humanité. Qu'on se le dise! Le seul destin qu'ils souhaitent à la fourmilière c'est de produire de plus en plus pour des coûts de moins en moins élevés. Et encore, envisager la thèse du complot serait doter ces individus d'une conscience politique et d'une vision globale du monde que beaucoup sont loin de posséder. La plupart des dirigeants ne sont que les exécutants d'une oeuvre qui les dépasse.
13:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, journal intime, littérature
20/04/2007
Des moins que rien à qui tout réussit.
Ils nous ont fait croire au grand soir. Que reste-t-il
de ces grands bourgeois qui se sont encanaillés en flirtant avec l'extrême gauche? J'ai encore présent à l'esprit le modèle du parfait contestataire des années 70: chemise blanche largement ouverte sur un torse glabre, mèche rebelle et discours de normalien revu et corrigé par mai 68 et les AG au Flore (les amphis étant par définition bondés). Vous l'avez reconnu, il s'agit du très médiatique BHL. En attendant d'hériter de l'entreprise de négoce de bois exotiques de papa (revendue à prix d'or au mécène François Pinault), BHL s'est employé à présenter son meilleur profil à la caméra, le plus sombre. Malgré ses efforts méritoires, il a très vite confirmé que l'enfant est l'entière expression de son milieu, même lorsqu'il se révolte contre lui. Bernard-Henri Lévy n'a jamais été pauvre et son goût pour les intérieurs dépouillés est une pose parmi d'autres, les aménagements fastueux de son palais de Marrakech en témoignent. Pris en affection par l'énergique Françoise Verny, BHL fut le mannequin vedette de la nouvelle philosophie qui précéda de peu la nouvelle cuisine de Joël Rebluchon. Aujourd'hui, l'illusion s'est estompée et le conformisme de ce presdigitateur doué a éclaté au grand jour. BHL possède le langage, l'attitude, les habitudes et les jugements conformes à la structure hiérarchique de dominance de son milieu peu réputé pour favoriser la créativité et l'originalité de pensée (Henri Laborit,Eloge de la Fuite).
23:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, blog, philosophie, édition
19/04/2007
De l'idéal masculin ou le songe de Pénélope.
Si tu veux éviter que ta vie soit une succession de rencontres sans lendemain, que ton lit soit l'antichambre d'un cortège de prétendants sans intérêt, que tes parties à deux, trois ou quatre te laissent éreintée et la bouche amère, il faudra, très chère Pénélope, faire une croix sur l'homme idéal, cette douce brute douée pour les préliminaires et les balades dans les sous-bois, ce beau brun, blond ou roux, ni trop riche, ni trop accaparé par ses affaires, bricoleur quand il faut et surtout fin psychologue qui a compris que les femmes ne sont pas des hommes. Ce demi-dieu, tu l'as inventé mais celui que tu recherches obstinément n'existe pas, ni ici, ni ailleurs. Pire, il n'a jamais existé et il n'existera jamais. Mais tu n'as que faire de la raison et cette ombre, ce fantôme joyeux, jour et nuit te persécute.
18:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, vive la vie, poésie, journal intime
18/04/2007
Des bruits qui courent et de ceux qui marchent.
Personne ne sera son juge et il ne plaidera pas coupable. Les principales victimes de la justice des hommes ne sont pas les assassins dûment pourvus d'alibis en béton armé mais les innocents par définition désarmés. Certes, la blanche colombe ne devrait pas avoir peur des bruits qui courent mais quand même se méfier de la bêtise de ceux qui croisent leur route. Quel innocent blanchi du bout des lèvres par des juges qui se croyaient infaillibles a pu retrouver son intégrité et sa respectabilité? Pas Dreyfus dont la carrière militaire n'a jamais décollé malgré son acquittement, pas Pierre Goldman assassiné par un commando justement nommé "Honneur de la Police", pas Patrick Dils qui se voit refuser tous les postes au contact des enfants. Lancez une rumeur sur internet en ayant l'air sûr de vos sources, choisissez les bons relais d'opinion pour qu'elle circule vite et il y aura bien un journaliste du Canard ou un pigiste d'Aujourd'hui en France pour en faire ses choux gras. Et, comme la justice quand elle fait fausse route (en ayant détruit, laminé, réduit à néant la vie d'un innocent), la presse rechigne à reconnaître ses erreurs. Celui qui a fait l'ouverture du journal de 20 heures comme coupable désigné devra se contenter de 3 lignes lapidaires dans un quotidien régional pour annoncer sa relaxe.
14:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, journal intime
16/04/2007
Du grand air et de ses bienfaits pour les poumons.
Je suis fort, je suis libre! Dans chaque mot je saisis la force de vivre. J'avance de cette démarche rapide qui ressemble à un envol d'aigle royal. Je me couche tard, très tard pour me réveiller avant l'aurore parce que la joie est trop forte. La fraîcheur de ma voix me vivifie le visage comme de l'eau glacée prise à pleines mains dans un torrent de montagne. La vraie tendresse est une fébrilité de chaque instant, une soif jamais apaisée d'embrasser, de caresser, de remercier sans relâche l'objet de ses voeux. Printemps. L'aube s'enivre de soleil. Le ciel a l'éclat d'un plafond de Chapelle Sixtine.
09:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, littérature, vive la vie, poésie
12/04/2007
Des effluves malodorantes et de leurs lâches auteurs.
Que dire, que penser quand notre appendice olfactif est détourné de son inclination naturelle pour les senteurs fleuries par d'infectes odeurs de fiente? Plus rien. La marée montante du dégoût. Rien ne va plus, faîtes vos jeux avant de rendre l'âme! Quel est le cuistre infâme qui pollue ainsi l'atmosphère rare, - les molécules d'oxygène précieuses de ce bocal à grenouille, de cette cabine d'ascenseur partie en chute libre vers le trente sixième dessous -, avec son méthane de bovidé constipé? Le comble de l'ignominie c'est que ce crime de lèse-cabine restera impuni car tous les occupants lèvent lâchement les yeux vers le plafond afin qu'il ne vînt l'idée à personne de les désigner à la vindicte populaire.
17:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour, littérature
11/04/2007
Des aléas de la vacuité existentielle.
Vivre au ralenti équivaut à mourir en accéléré. Les émotions ne se bradent pas. Il n'y a pas d'argus pour les sentiments. Celui qui n'a pas choisi sa vie parce qu'il a trop longtemps hésité entre une illusion confortable et un risque calculé mourra avec un goût d'inachevé dans la bouche. Pour ne rien regretter de ces quelques dizaines d'années, il faut se hâter, courir à grandes enjambées sur les sentiers de montagne, il faut vivre au péril de sa vie pour ne pas mourir pendant son sommeil. La Belle au bois dormant aurait pu se réveiller vieille et laide sans la magie d'un sortilège bénéfique. Soyons fous, soyons sages!
14:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, blog, journal intime, vive la vie
06/04/2007
Des petits riens qui font toute la différence.
Notre existence se joue dans les détails. Pour avoir tourné la tête trop tôt et regardé dans la mauvaise direction, Julien ne verra pas Belinda, la femme de sa vie, qu'il devait croiser à cet instant là dans une allée des Galeries Lafayette, Juliette perdra la vie en traversant cette rue renversée par une camionnette de livraison roulant à vive allure, Fred ne saura jamais que la maison de ses rêves était blottie là entre deux collines, et il en va ainsi pour tous ceux et toutes celles dont les sens sont atrophiés, le sixième tout particulièrement, celui qui donne au hasard des allures de destinée, celui qui fait gagner du temps, de l'argent, de la gloire et de l'amour.
09:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, vive la vie, écriture



