18/06/2005

De l'impuissance.

Agir – voilà l’intelligence véritable? Tu seras ce que tu voudras être. Mais il te faut vouloir être ce que tu seras. Comment envisager de vivre ailleurs et autrement maintenant que tes membres sont entravés par des obligations si serrées que des années de lutte seront nécessaires pour t’en extraire? Quelle idée t’a pris de renouer avec cet être que tu n’as jamais aimé et par-là même de te jeter dans la nasse d’engagements indéfectibles ? Est-ce l’affolement irraisonné de ton esprit, la lueur d’une aube sauvage surprise à la lisière d’une jungle hostile ? Tu avais regagné ta liberté, plus rien ne te retenait ici. Souffrirais-tu du syndrome du canari : libéré il n’a de cesse que de regagner sa cage ? Plus la prison est ancienne, moins le condamné rêve d’évasion ni même de libération quand arrive la fin de sa peine. Rien n’est plus effrayant que la confrontation brutale avec le monde du dehors. La force des habitudes dissimule la plus grande des faiblesses : l’incapacité d’un individu à improviser lorsque la partition change. Pour ce qui te concernes, tu ne dois pas en vouloir à cet être dont l’âme simple serait blessée par l’exposé de griefs incompréhensibles. Tu es le gardien de ta prison et l’architecte de la forteresse dont les murs ont grandi autour de toi.