04/07/2008
Du noir, une couleur comme les autres.
C’était un peu avant la fin du siècle. Le noir tombait. La nuit vint vite. Bientôt, Il n’y eut plus rien à voir, plus rien à ressentir. A l'exception de la peur du noir. Nous marchions, seuls face à trente mille jours à accomplir. Il pleuvait du soleil sur les toits de la ville, Ce n’était pas encore l’automne. Qu’en sera-t-il des destins troubles, des fausses identités, des costumes suspendus dans les coulisses du théâtre de l’existence ? Le moindre de nos gestes continuera-t-il à hanter l’eau des miroirs ? La mémoire se rembobinera-t-elle lorsque nous sortirons à reculons de la chambre noire ? Bien des années après mon départ du monde de l’édition, j’ai conservé la même méthode pour prendre connaissance d’un livre. Je la tiens de Robert Laffont lui-même. Pour peser un manuscrit, il regardait rapidement le premier et le dernier chapitre « pour ne pas être tenté de se laisser emporter uniquement par le récit ». II jugeait qu’il pouvait alors faire une lecture plus critique du livre et en apprécier le style et la construction. Vin clair du crépuscule répandu sur les habits du dimanche, qui éclabousse les feuilles blanches du roman d’une vie laissée en plan. Un dieu a élu domicile chez moi. Il joue avec des dragons sans se soucier du feu qui ravage tout. Un dieu tient ce crayon à ma place. Il raconte une histoire où je ne suis que spectateur, le nez collé à la vitre, tenu en respect. Il raconte le déclin d’une puissante dynastie venue d’une terre proche de la nôtre. Un monde peuplé de magiciens et d’animaux fantastiques où chaque individu détient le pouvoir de créer et de détruire… Nous marcherons longtemps encore avant que nos jambes ne fléchissent. Puis, nous prendrons ce qu’il nous faut pour aller jusqu’au bout, une gourde d’eau fraîche et quelques figues.
18:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, philosophie, spiritualité, journal intime, noirceur



