21/10/2008
De l'ignorance de ceux qui savent.
Que faire de ces prisons que nous avons prises un malin plaisir à bâtir autour de nous et dont les murs finiront par nous cacher la profondeur et les perspectives du monde réel, le monde de l'esprit? Car les hommes ont écrit des livres sur tout, accumulé des informations extraordinairement détaillées sur des galaxies situées à des milliards d'années lumières, mais que savent-ils d'eux-mêmes? Je veux dire que les savants qui ont trouvé le secret de l'atome ne connaissent ni le pourquoi ni le comment de leur propre existence. En vérité, la seule certitude que nous pouvons avancer sur la réalité du monde extérieur, c'est qu'il n'existe pour nous que lorsque nos sens en communiquent l'écho à notre cerveau. Berkeley a ainsi démontré qu'en dehors d'un esprit apte à le concevoir, le monde matériel est inexistant. Donc, si je poursuis ce raisonnement jusqu'à l'absurde (et je suis loin d'être le premier à le faire), l'univers dans son immensité nous doit la vie et devrait nous en être reconnaissant.
22:33 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
20/10/2008
Du sens à donner à sa mort.
Lorsque nous sommes nés le monde extérieur nous est apparu comme une nouvelle dimension, un univers hostile parce que complètement inconnu. C’est de la désinformation, de la propagande que de vouloir nous faire croire à la beauté de ces instants-là : la naissance quoi qu’on en dise, est une plongée dans l’horreur, un viol, une agression. Le naissant comme le mourant appréhende une épreuve: la plongée dans le néant. Mais la comparaison s’arrête-là car le naissant sort d’un état végétatif avec une conscience peu développée. Pour quelques uns d’entre nous, la peur de la mort est une chance extraordinaire puisqu’elle nous incite à bâtir une vie d’exception, pleine de bon sens. Pour tous, même pour ceux qui ont nié leur condition leur vie durant, la proximité de la mort introduit une ouverture immanente par laquelle chacun peut grandir et enfin écouter la vérité de son être, parfois malheureusement pour établir le constat accablant qu'il est passé à côté de sa vie. Cette vie absurde faite d’une suite morcelée d’instants vécus, dépourvus de sens. Si nous parvenons à concevoir que nous sommes plus que de la chair à canon, ces mêmes instants sans logique apparente pourront être perçus comme une continuité d’accomplissements successifs.
14:13 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur
19/10/2008
De la fin programmée de toute entreprise humaine.
A trop singer les animaux de cirque nous risquons de terminer notre existence en faisant des numéros ridicules devant un parterre d'enfants cruels. Il est primordal de garder intact au fond de soi l'instinct de révolte."L'homme est ce qui doit être dépassé" (Nietzsche). Plier mais ne jamais rompre, courber l'échine mais ne jamais mettre un genou à terre. En effet, rien ne justifie de s'abaisser devant notre prochain, mot improbable qui souligne le caractère interchangeable de chaque individu dans ses rapports avec les autres. Il y a ceux qui suivent passivement les ordres établis et il y a ceux qui exposent leur vie. Pour celui qui se bat, "dangereux est le passage, dangereux est le cheminement" mais le véritable péril ne serait-il pas de prendre peur et de s'arrêter en chemin? Pour l'être profondément médiocre, celui qui nie la vigueur des passions, en amour, la grande affaire de notre vie, ceux et celles qu'il étreint aujourd'hui, plus ou moins brièvement, seront remplacés demain par d'autres aussi irremplaçables que les précédents. La part du hasard et le poids de la nécessité de jouir commandent la mise entre parenthèses de notre désir de solitude. L'homme, animal social par essence, souffre autant du contact avec ses frères que d'un exil involontaire du monde. Seul sur son île, Robinson glisse chaque jour un peu plus vers la folie mais l'arrivée de Vendredi le jette dans les flammes de l'enfer d'une vie de couple agitée. Ce qui nous construit un jour, nous détruira le jour suivant. Dans toute relation qui débute il y a une fin programmée.
22:49 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur



