06/11/2008
La fin des espèces nuisibles.
Il n'est plus possible aujourd'hui d'occulter l'éventualité d'une disparition rapide de l'espèce humaine. Il est probable que, contrairement à ce qu'envisageaient les intellectuels des années soixante, ce ne sera pas à l'occasion d'un conflit atomique. Au vu des désastres causés par l'activité humaine, nul doute que la planète et ses autres habitants en éprouveront un soulagement certain. Et puis, chaque jour, des dizaines d'essences végétales et des animaux ayant survécu aux pires mutations disparaissent de la surface de la planète sans que cela n'en trouble les cycles immuables. Alors l’homme, aveuglé par son orgueil incommensurable, se prépare à devenir de l’énergie fossile, pétrole ou charbon. Encore, conviendrait-il de s’interroger sur ce qu’est l’homme. Il est indéniable qu'il existe un contraste entre le possible et le réel : à savoir l’utilisation de la science et des richesses naturelles à des fins destructrices qui risquent d’amener l’annihilation de l’humanité. Dans la ferveur des grandes découvertes du dix-neuvième siècle, les scientifiques nous promettaient le « paradis terrestre ». Pourtant, la désillusion ne se fit pas attendre et à l’instar de Marx, on dut admettre que « la machine prend avantage de la faiblesse de l’homme pour réduire l’homme à l’état de machine ». Freud fit le même constat en regrettant que les nouvelles conquêtes scientifiques ne soient mises au service des hommes que pour se combattre les uns les autres. Ainsi, le progrès permet à la civilisation de prospérer et d’aller immanquablement vers sa perte.
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05/11/2008
Le temps béni de l'Inquisition.
Pourquoi jeter des ténèbres sur l'idée-même de Dieu? A quoi cela sert-il d'admettre sans discussion que l'homme est seulement un peu de viande en route vers le néant? Quel risque prendrions-nous en reconsidérant une position pour le moins inconfortable et en envisageant la possibilité que la création de l'humanité fut le fruit de l'imagination débordante d'une force surnaturelle, l'effet d'une cause qui nous dépasse? Aucun, évidemment. Alors, pourquoi nous en tenons-nous à des évidences qui n'en sont pas, à des théorèmes incompréhensibles et non avérés, à des "big-bang" qui ressemblent à des pétards mouillés, à l'invraisemblance d'un univers en expansion parti d'un seul atome chauffé à blanc? L'éclat fossile des étoiles éteintes apporte-t-il la preuve indiscutable que l'univers ne sera pas éternel, qu'il a eu un début et donc qu'il aura une fin? Est-il si stupide que cela de supposer que le cerveau des scientifiques pourrait présenter une hypertrophie de l'hémisphère droit (celui qui calcule) et une atrophie de la zone proche du cortex, le lieu où naissent les intuitions les plus remarquables? Il est si facile de railler les poètes et les hommes de foi mais que dire des esprits faibles qui s'agenouillent devant les prix Nobel et leurs dogmes qui ne supportent aucune contestation, sinon qu'ils nous ramènent au temps béni de l'Inquisition.
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Les vieux ça ne devrait pas devenir vieux
Pierre Sansot décédé en 2005 avait l'âge de ceux qui ne peuvent plus détourner leur regard de "la vieillesse et de la mort qui, pas plus que le soleil, ne se laissent regarder de face".
Les lignes qui vont suivre ont été rédigées en 2001:
"Les vieux, ça ne devrait pas devenir vieux". Dans ce livre, ni roman, ni récit, ni essai, mais au carrefour de ces trois genres, Pierre Sansot s'emploie "à désamorcer les malentendus propres à opposer les différentes classes d'âge". Il met le cap "sur l'ultime partie de son existence". Le titre provocateur de l'ouvrage dissimule néanmoins le désespoir d'un homme dépouillé du temps. Après avoir fait bon usage de la lenteur en refusant de "brusquer la durée et de se laisser brusquer par elle" il n'a eu de cesse que de prolonger les rêves de l'enfant qu'il fut. L'économie de soi, cette vertu de la modération devient chez Pierre Sansot "l'art du peu" qu'il pratique avec brio:"avec l'âge beaucoup d'entre nous pressent le pas" car ils s'aperçoivent "qu'il y a tant de choses à voir, tant de mets à goûter, tant de pays à visiter, tant d'existences à côtoyer". La proximité de la mort aiguise la conscience de nos carences. Pour l'anthropologue Sansot la lenteur n'est pas un trait de caractère mais un choix de vie. Et pour ce qui touche à la vieillesse, il conserve l'image de ces "êtres lamentables devenus méconnaissables avec l'âge, cramponnés à la vie jusqu'à la couardise" qu'il observait avec avidité enfant afin de "percer l'énigme de l'avenir qui lui était promis". A l'adage qui prône que l'on meurt comme l'on a vécu le vieil écrivain apporte sa vision apaisée de l'existence, convaincu pourtant que "nous devrions véritablement achever notre vie avant de la quitter". A ses essais sur la lenteur, les jardins publics, la ville et les gens de peu, Pierre Sansot vient d'ajouter un premier roman "Il vous faudra traverser la vie". Tous les thèmes chers au philosophe resurgissent d'un chapitre à l'autre parmi les rumeurs d'un univers intime qui s'apprête à disparaître. Récit d'une vie qui s'achève, celle d'Hélène, la narratrice, ce dernier voyage s'effectue en marche arrière et au ralenti.
"Les vieux, ça ne devrait pas devenir vieux", Ed. Payot, 1995.
"Du bon usage de la lenteur", Ed. Payot, 1998.
"Les gens de peu", Ed.PUF, 1992.
"Il vous faudra traverser la vie", Ed. Grasset, 1999.
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