<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://angeheurtebise.hautetfort.com/fictions_courtes/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>ANGE HEURTEBISE - fictions_courtes</title>
<description>notes critiques et manuel de savoir-vivre</description>
<link>http://angeheurtebise.hautetfort.com/fictions_courtes/</link>
<lastBuildDate>Sun, 13 Dec 2009 17:10:38 +0100</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/12/03/la-revolte-d-arlequin.html</guid>
<title>La révolte d'Arlequin.</title>
<link>http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/12/03/la-revolte-d-arlequin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Bernard DESON)</author>
<category>fictions courtes</category>
<pubDate>Wed, 03 Dec 2008 16:01:01 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://angeheurtebise.hautetfort.com/images/medium_arlecchino_20_88_20coller.2.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;em&gt;«Je me suis donné beaucoup de mal, j’ai même commis des fautes, mais j’espère qu’en faveur de l’extravagance, vos seigneuries me pardonneront.»&lt;/em&gt; Un éblouissement. Le texte de Goldoni ne vient plus à la bouche de Marcello Moretti. Le temps s’est arrêté aux lèvres du comédien.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Derrière son masque de cuir, le personnage qu’il interprète n’est pas n’importe lequel du répertoire de la Commedia dell’arte: dans son habit cousu de morceaux de tissus rapiécés, Arlequin saute, cabriole, gesticule, lance ses lazzis à un public complice. Sans arrières pensées, quand il voit une belle fille, il veut coucher avec elle, quand il a faim, il veut manger. Rusé, il laisse ses adversaires croire qu’il va perdre, mais il finit toujours par gagner. Le masque qu’il porte est un instrument terrible, mystérieux, proche de celui des prêtres vaudous. Le visage noir d’Arlequin aurait été brûlé aux feux de l’enfer. Autant que nous sommes, nous voudrions être fait d’une seule pièce comme Arlequin, mais vivre nous impose sans cesse d’accepter des compromis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vêtu de son vêtement collant qui le faisait paraître presque nu, l’acrobate devait considérer que ce soir, pour la première fois, le public lui était hostile. Pris au piège de son costume de comédie, il se découvrait entièrement, vertigineusement seul. Mais, au lieu de l'abattre, cette révélation le renforça dans une attitude intime de violence, d'audace, comme un animal pourchassé, ne pouvant compter que sur lui-même, fait front à la meute de toutes ses forces ramassées.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un silence bourdonnant avait envahi la scène. Arlequin aurait été incapable de dire si le « blanc » avait duré cinq secondes ou cinq minutes. Revenu de sa catalepsie, il refaisait surface dans un monde en attente, un château de Belle-au-bois-dormant où hommes et animaux avaient été surpris par les laves de l’Etna et saisis par la torpeur en plein mouvement. Face à lui, Béatrice n’avait pas bougé, le geste suspendu, la pupille dilatée, la bouche grimaçante. Depuis combien de temps attendait-elle ainsi qu’il prononçât les mots attendus ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A demi-égaré, Moretti détailla successivement le décor, les techniciens, les comédiens ainsi que le trou sombre de la salle d'où commençait à monter un murmure désapprobateur.&lt;br /&gt; Indifférent aux gestes désespérés et aux chuchotements des Rasponi, Florindo et Sméraldine venus rejoindre Béatrice sur le plateau, il prit le parti de s’écarter du groupe. Au bout de quelques pas, le comédien se retourna pour constater que tous les yeux avaient suivi son mouvement. Chaque regard exprimait la même incompréhension face à l'inexplicable. Et, de concert, il considéra que ce constat entrait dans l'ordre naturel des choses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Prisonnier de son masque, peu à peu, il avait appris comment le corps entier devait se mettre au service des émotions du personnage et comment un simple artifice de cuir protégerait l’homme des pièges de la vanité. D’une voix calme et s’adressant directement au public médusé, il prononça cette sentence empruntée à Maeterlinck : &lt;em&gt;Nous portons en nous le résumé de toute l'histoire de tous les mondes. Celui qui saurait ranimer ces souvenirs serait maître de la vie et de la mort.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/09/20/les-aventures-extravagantes-de-julien-rivaud.html</guid>
<title>Les aventures extravagantes de Julien Rivaud.</title>
<link>http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/09/20/les-aventures-extravagantes-de-julien-rivaud.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Bernard DESON)</author>
<category>fictions courtes</category>
<pubDate>Sat, 20 Sep 2008 23:48:49 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;JPD 25 ans b.jpg&quot; id=&quot;media-1288164&quot; src=&quot;http://angeheurtebise.hautetfort.com/media/02/01/216708210.jpg&quot; name=&quot;media-1288164&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;Biarritz, le Samedi 6 avril 2002.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Coudes appuyés sur le comptoir de la réception, Julien Rivaud leva les yeux pour identifier la femme qui venait de s’engager dans le tourniquet. Il regarda sa montre&amp;nbsp;: deux heures vingt-cinq du matin. Les clients étaient tous rentrés depuis longtemps et Jacques Bertin, le chef de rang, l’avait laissé seul aux commandes. L’Hôtel Impérial allait garder pour quelques jours encore ses allures de château de Belle au bois dormant. Biarritz possède son rythme biologique propre et des saisons que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Julien avait reconnu Catherine Grimaud au simple claquement de ses hauts-talons sur le marbre du hall d’entrée. Elle portait une robe de soirée en soie de Chine rouge.&lt;br /&gt; - Bonsoir Julien, pas de message&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; - Non Madame&amp;nbsp;! Je vous donne la clé de votre appartement&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; - Plus tard. Demandez à Berthe de me préparer un en-cas à sa façon. Je n’ai rien pu manger chez Dario.&lt;br /&gt; Elle s’installa au bar, habituellement désert à cette heure-ci en basse-saison. Se glissant de l’autre côté du zinc, elle récupéra une bouteille de Cognac et un verre qu’elle déposa sur le piano. La jeune femme commença à caresser le clavier en jouant les premières mesures de&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Gee Baby, Ain’t Good to You&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;&amp;nbsp;de&amp;nbsp; Diana Krall.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;- J’ai connu plus d’une reine, trop aimées, trop flattées, trop bien servies, elles n’avaient pas le temps de désirer, des yeux attentifs lisaient dans leurs pensées…&lt;br /&gt; Catherine Grimaud s’assoupissait lorsque Julien&amp;nbsp;lui assena cette harangue. La scène était à ce point imprévisible qu’elle ne la crut pas réelle et qu’il lui fallut plusieurs secondes pour admettre l’évidence. L’hurluberlu se tenait debout près d’elle, un faux air de majordome anglais collé sur le visage. Il lui apportait sa commande, omelette aux cèpes, assiette de salade, pain bougnat et bouteille de Buzet.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Sojourn;&quot;&gt;-&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Vous&amp;nbsp; trouvez que j’abuse de la pauvre Berthe&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Sojourn;&quot;&gt;-&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Rassurez-vous, elle attendait votre retour et ne dormait que d’un œil&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; Elle avait déjà&amp;nbsp; remarqué&amp;nbsp;l'impertinence de&amp;nbsp; ce Julien Rivaud. Dès leur premier contact, le bonhomme avait réussi à faire fondre ses résistances par un mélange bien dosé de tact et d’audace. Avec lui, elle n’avait aucune envie de jouer à la grande patronne. Elle restait néanmoins sur ses gardes.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;- Vous me prenez pour une enfant gâtée&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; - Ces petites reines s’inventent des désirs, capricieuses, elles tombent de l’ennui à l’extravagance. Mais il y a une blessure en vous qu’il faut soigner&amp;nbsp; avec un peu d’alcool et beaucoup d’amour.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Be aware what you wish from&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;b&gt;[1]&lt;/b&gt;!&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;- Je ne devrais pas accepter que vous me parliez ainsi&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Sojourn;&quot;&gt;- &amp;nbsp;&lt;/span&gt;Bon appétit, Madame&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; Il tourna les talons et, sans attendre de réponse, il partit reprendre sa place derrière le comptoir de la réception. Catherine Grimaud&amp;nbsp; le suivit du regard en songeant à qu'il avait pu être avant d'occuper son&amp;nbsp; emploi actuel de veilleur de nuit. Elle se promit d’en savoir plus sur ce drôle d’oiseau et de mener une enquête dès qu’elle en aurait l’occasion. C’est Maréchal qui l’avait recruté. Il devait y avoir un c.v. dans le dossier. Il fera jour demain. Pour l’heure son cerveau était incapable de réfléchir. Elle passa par les cuisines où elle trouva Berthe assoupie sur une chaise.&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Sojourn;&quot;&gt;-&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Je monte&amp;nbsp;!&amp;nbsp; Ne reste pas là, va te coucher! toi aussi. &amp;nbsp;Pas besoin de m’attendre ainsi jusqu’au milieu de la nuit, je n’ai plus trois ans&amp;nbsp;!&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Sojourn;&quot;&gt;-&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Et si ça me fait&amp;nbsp; plaisir à moi de t'attendre jusqu'à pas d'heure!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;hr size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; align=&quot;left&quot; /&gt; &lt;p&gt;&lt;a name=&quot;_ftn1&quot; href=&quot;http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2005/08/31/des-palaces-et-de-leurs-habitants.html#_ftnref1&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;i&gt;Méfie-toi de ce que tu désires&lt;/i&gt;&amp;nbsp;(proverbe)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/09/09/des-especes-en-voie-de-disparition.html</guid>
<title>Des espèces en voie de disparition.</title>
<link>http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/09/09/des-especes-en-voie-de-disparition.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Bernard DESON)</author>
<category>fictions courtes</category>
<pubDate>Tue, 09 Sep 2008 11:14:49 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;img style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; alt=&quot;POpe.jpg&quot; id=&quot;media-1267984&quot; src=&quot;http://angeheurtebise.hautetfort.com/media/01/02/569624373.jpg&quot; /&gt;Mon goût&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; pour la retraite et l’étude m’a conféré une réputation d’ermite savant auprès des habitants du pays. Si par mégarde l’un d’eux me croise sur un chemin désert, il prend&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; grand soin d’accélérer le pas&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; afin de ne pas avoir à me saluer.&amp;nbsp;La maison où je demeure est&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; plantée sur un coteau qui domine la vallée à deux kilomètres à vol d’oiseau du plus proche hameau. Lorsque la neige tombe en abondance, il peut se passer plusieurs jours sans qu’un promeneur s’aventure dans ces parages.&amp;nbsp;Ce matin-là, alors que je cultivais avec application mon demi-sommeil, - qui chez moi serait plutôt un demi-réveil, attentif que je suis aux bruits ambiants, aux lumières et aux odeurs qui se glissent furtivement dans ma chambre&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; à cette heure privilégiée et qui viennent dégourdir mes cinq sens -, je perçus, de plus en plus nette, l’approche d’une véritable armée avec ses fantassins, ses cavaliers et ses chariots transportant vivres et munitions.&amp;nbsp;Mon premier réflexe, hérité des temps de guerre, fut de bondir hors du lit et de me précipiter vers la fenêtre, pressentant le pire. J’écartai un volet, juste assez pour apercevoir les habitants du village d’en-bas venus en masse et tous vêtus de leurs habits du dimanche.&amp;nbsp;Le cœur battant la chamade et le souffle court, je poursuivis mon observation, toujours sans me montrer, afin de découvrir les intentions de cet attroupement&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; pour le moins insolite dans un tel lieu.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Peu à peu, la panique abandonna mon esprit car,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ce que j’avais&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; interprété comme les préparatifs d’un lynchage, se transformait en ceux d’une&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; fête votive avec ses lampions disposés entre les arbres, son mât de cocagne (que j’avais&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; tout d’abord pris pour une potence), ses stands de crêpes et sa buvette. Encore plus étrange, tous ces préparatifs s’effectuèrent dans le plus complet silence.&amp;nbsp;&lt;span&gt;Une heure plus tard,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; jugeant certainement que tout était prêt, la fanfare municipale se mit en ordre de marche et prit&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; la direction de la maison&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; puis,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; sur un signe du maire ceint de son écharpe tricolore,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; attaqua une&lt;/span&gt; &lt;i&gt;&lt;span&gt;Marseillaise&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span&gt;improbable.&amp;nbsp;Avant que l’édile eût frappé, je pris l’initiative de paraître dans l’encadrement de la porte et de faire face à l’imposante cohorte.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; A ma vue, la troupe stoppa net son avance et un demi-cercle curieux&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; se forma autour de moi.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’eus le plus grand mal à dissimuler mon trouble lorsque le maire entama&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; la lecture d’un discours&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; surréaliste dont je ne comprenais pas &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;le moindre mot. Par quelle plaisanterie s’adressait-on à moi dans une langue étrangère&amp;nbsp;?&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; A tendre l’oreille, je discernais bien dans ce verbiage quelques lointains vestiges de vieux Français, mais le sens général&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; du propos m’échappait complètement.&amp;nbsp;Quand j’eus la certitude que l’envoi était terminé, je serrai énergiquement la&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; main de l’élu&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; pour le remercier&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; tout en adressant un salut timide à la foule.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Comme tous semblaient attendre que je répondisse à ces chaudes embardées, j’improvisai une réponse où je les félicitais pour la farce très réussie qu’il venait de me faire.&amp;nbsp;A&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; leurs yeux écarquillés, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;je suspectai très vite qu’il y avait de l’ambiguïté&amp;nbsp;dans l’air: comme moi tout à l’heure, ils semblaient ne pas &amp;nbsp;comprendre le sens de mes propos alors que &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;je m’exprimais dans ce qui était,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; autant que je puisse le subodorer, leur langue maternelle.&amp;nbsp;Après cette journée déconcertante,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; le conseil municipal vota&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; des mesures conservatoires destinées à mettre à l’abri le dernier des Mohicans. Dès le lendemain, la force publique fut mandatée pour me ramener au village où l’on&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; m’enferma au milieu des livres de la Bibliothèque devenue un musée (et, je le crains, un zoo).&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; J’eus la confirmation, après de longues recherches et&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; de multiples recoupements, que&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; j’étais le dernier homme vivant à parler et à écrire le Français de Voltaire et de Proust.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;!--EndFragment--&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/07/12/des-desespoirs-sans-cause.html</guid>
<title>Des désespoirs sans cause.</title>
<link>http://angeheurtebise.hautetfort.com/archive/2008/07/12/des-desespoirs-sans-cause.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Bernard DESON)</author>
<category>fictions courtes</category>
<pubDate>Sat, 12 Jul 2008 20:28:30 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://angeheurtebise.hautetfort.com/media/01/01/1690783359.jpg&quot; alt=&quot;travel%20portfolio%2001%20-%20Jim%20Morrison%20copy.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1120176&quot; name=&quot;media-1120176&quot; /&gt;Chaque cellule est pourvue de traces ou d'empreintes ancestrales à peu près indélébiles&lt;/em&gt;. La jeune fille, enveloppée dans son imperméable malgré un soleil de plomb, arpente sans répit les pavés brûlants du quai désert. Une femme en devenir, déjà lasse de ne pas s'être trouvée, et qui s'invente comme elle peut, en désespoir de cause. Aucune voix ne l'appelle, aucune main ne la cherche à travers les rumeurs du port. Le malheur, c'est de ne plus rien attendre de l'heure qui vient. L'épuisement a pris la jeune fille par surprise. Elle a fini par s'effondrer sur une chaise du Café des Navigateurs. La gorge sèche elle se fait servir un cognac et croit qu'elle va retrouver la mémoire. Une femme qui avale cul-sec ses peurs, ses regrets et le souvenir amer d'un homme nu allongé contre elle.&lt;/p&gt; 
</description>
</item>
</channel>
</rss>