07/12/2008
A ceux qui n'arrivent plus à franchir le pas.
J'observe mes compagnons d'infortune qui arpentent nerveusement les trottoirs de la ville. Ils ont presque tous en commun un visage inexpressif et un regard proche de l'hébétude. Aux mêmes heures du jour et de la nuit qui tombe tôt en cette saison, je les retrouve affairés à se rendre qui à l'école pour se débarrasser d'enfants illégitimes qui à l'usine pour boucher les trous de son compte en banque qui à son bureau pour faire de la figuration dans un mauvais film mais tous comme en état de choc, happés par une réalité ne laissant aucune place ni au rêve ni à l'imagination ni au hasard. Pas plus éveillé qu'eux, je tente d'échapper au sort jeté par une fée malveillante en m'asseyant à une table de Café. En tournant ma cuillère dans la tasse je pose l'équation dans mon carnet à spirale: L'être humain est-il capable de se soustraire à la sensation de ses cinq sens physiques et à l'asservissement neurologique au monde extérieur? Que faire pour se libérer durablement de l'état d'hypnose dans lequel nous plonge une vaine fascination pour des décors en carton-pâte?
23:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, philosophie, sagesse, bonheur




Commentaires
WHAT'S REAL, PUSSYCAT?
Repeindre les cartons
Est affaire d'enchanteur
Ou de mage à la plume d'argent
Les fées ne sont malveillantes
Que pour l'audition fragmentaire
Une lettre entre harpe et harpie
Les majorettes observent
Les moutons sur la mer
Pendant que la cheerleader
Danse pour son homme
Ecrit par : gmc | 09/12/2008
Ca faisait longtemps que je n'étais pas repassé par ici. J'aime beaucoup les dernières notes, surtout celle-ci!
Ecrit par : Volodia | 11/12/2008
Merci de votre fidélité et de vos réactions toujours affûtées.
Ecrit par : Bernard Deson | 11/12/2008
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