23/10/2008

Des voyages comme un remède pour fuir l'idée d'une mort prochaine.

morrison_j.jpgL’existence est un bûcher où notre espérance (de vie) se consume inexorablement. Ne devrait-on pas dire « vivre à petit feu » plutôt que « mourir à petit feu » ?  Qu’importe puisque ce qui brûle c’est ce que nous fûmes et que nous ne serons plus, c’est  ce que nous voulions faire et que nous n’avons pas fait. Les voyages nous distraient de la rémanence  de l’idée d’une mort prochaine. Les grands voyageurs souffrent de l’addiction à un remède dont ils ne respectent plus la posologie depuis longtemps.  Un aller-retour Paris-Istanbul en Orient-Express si l’angoisse existentielle le nécessite, un tour du monde en voilier pour détourner la vigilance de la faucheuse (à n’utiliser qu’en cas de maladie incurable ou d’abus de philosophies occidentales – Schopenhauer, Platon ou Nietzsche). Si le malade  rechute, visite du Père-Lachaise avec haltes obligatoires devant le caveau d’Anna de Noailles et la statue d’Oscar Wilde. Chaque pas en avant est un pas dans le vide avec l’espoir qu’au dernier moment  le sol ne se dérobe pas sous nos pieds.

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