04/10/2008

De l'épuisante douceur de vivre.

gaena1.jpgQue savons-nous des anges? Apprendre n'est-ce pas seulement élargir l'horizon de notre ignorance? Les anges gardiens sont nos geôliers ordinaires. Ils possèdent les clés des trois temps de notre conjugaison: passé, présent et surtout futur. Ils disposent de nous à leur gré, bienveillants si nous respectons le règlement de la citadelle, impitoyables lorsqu'il s'agit de mater les rébellions. Chaque jour à heure fixe, ils ouvrent les portes des cellules pour la promenade, le parloir ou pour aller prendre les repas au réfectoire. Les anges arrivent de toutes parts et donc aussi de nulle part. Ne les cherchez pas dans le ciel gris des églises ou dans les cryptes glacées: ils préfèrent se glisser dans l'ombre des promeneurs, ne sortant qu'en plein soleil car ils ont compris que la lumière est une bien meilleure cachette que l'obscurité. Leur invisibilité les rend plus présents encore que s'ils étaient faits de chair et d'os. Anges et archanges arpentent inlassablement l'intervalle qui sépare l'âme des corps. Tels des sangsues, ils s'ajustent à notre cou, ils collent à nos reins. Ne nous faisons aucune illusion: les anges ne viennent ni donner, ni prendre. Ils veillent, à la limite du désastre absolu et de l'épuisante douceur de vivre?

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