24/09/2008

De la courbure de l'espace-temps.

tourbillon.jpegPour apprendre à connaître les frontières de l'univers, il est d'usage de conseiller de transformer son télescope en microscope et d'observer la structure d'un grain de sable qui est semblable à celle d’une galaxie. Cette évidence (encore trop peu évidente pour beaucoup qui souffrent d’un strabisme divergent incurable), Pascal la porta en lui durant toute sa brève existence comme un remède contre les dogmes réducteurs : « Dans l’enceinte de ce raccourci d’atome, qu’il y voie une infinité d’univers dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible ». Pour prendre la mesure de l’extraordinaire intuition de Pascal dans sa conception de l’infiniment petit, il faut rappeler qu’elle devance l’invention du microscope de plusieurs dizaines d’années et de près de trois siècles les travaux d’Einstein. « Car qui n’admirera que notre corps, qui tantôt n’était pas perceptible dans l’univers, imperceptible lui-même dans le sein du tout, soit à présent un colosse, un monde, ou plutôt un tout, à l’égard du néant où l’on ne peut arriver ? » Entre mathématiques et philosophie, Pascal a déduit la ressemblance, aujourd’hui démontrée, de l’activité et de l’évolution  des électrons avec celles des astres. En partant de presque rien (il y avait eu les philosophes  « atomistes » grecs), Pascal a construit un système qui va de l’infiniment grand (le système solaire) à l’infiniment petit (la molécule). Si nous avions un nouveau Pascal aujourd’hui, jusqu’où le mèneraient ses intuitions? Partirait-il à reculons dans la courbure de l’espace-temps en laissant sur le bord du chemin les impostures d’Einstein, préférant explorer des réalités extra-sensorielles plutôt que d’augmenter la puissance de ses télescopes ?

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