23/09/2008
Des prédateurs surgis de la jungle du temps.
« D’où viennent ces prédateurs surgis de la jungle du temps avec des lambeaux de mon enfance aux babines ? Que vont-ils arracher d’autre de mes flancs durant mon périple entre les deux mondes (l'ici-bas et l’au-delà) ». Il est des souvenirs qu’il vaut mieux fuir et des rêves exquis que les brumes du réveil effaceront sans merci. La mémoire est indispensable à l’intelligence car si les matériaux acquis disparaissaient aussitôt, la plus simple opération intellectuelle serait impossible. De plus, dans le cas d’une conscience sans mémoire, le moi repartirait à zéro à chaque nouvelle perception et la personnalité peinerait à se construire. « La mémoire est une nuit terrible et confuse. Je craindrais à m’y aventurer d’encourir la punition des archéologues violant les sépultures d’Egypte » (Cocteau). Tout fait de conscience est susceptible de revivre. Il y a restauration d’un désir lorsque ce désir renaît à un certain degré bien qu’il faille admettre que c’est le plus souvent la traduction intellectuelle de ces états qui est restaurée. En somme, tout état se conserve et il n’existe pas d’oubli absolu (Herbart). Ainsi, les faits que nous croyons oubliés sont ceux qui nous ont si faiblement impressionnés qu’une excitation ordinaire ne suffit pas à les rappeler. Si la mémoire volontaire n’est capable de retenir qu’un nombre limité d’idées, c’est pour éviter d’encombrer notre cerveau avec les millions d’informations de toute nature qui sollicitent nos sens à longueur de journée car, si nous ne laissions rien échapper, notre mémoire serait accablée sous le poids d’une multitude de faits insignifiants. Il est reconnu que les gens heureux sont ceux dont la mémoire se débarrasse allégrement des souvenirs désagréables pour ne garder que le meilleur.
11:43 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, poésie, journal intime, vive la vie, spiritualité




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