17/09/2008
D'une esthétique du langage (avec ou sans cosmétiques).
L'écriture est un acte de procréation différé. Deux sortes de vocabulaires y sont employés: les mots usagés de la langue commune et quelques vocables rares qui suscitent des émeutes meurtrières d'une ligne à l'autre. Les deux à trois cents mots usuels, véhicules de communication accessibles au plus grand nombre, sont porteurs de l'expression des choses ordinaires mais peuvent aussi, sous la férule de certains alchimistes du verbe, se métamorphoser en sondes intergalactiques. Il y a de toute évidence deux catégories très différentes d'utilisateurs du langage: les badauds et les authentiques aventuriers. Les motivations de ces deux catégories de "conducteurs" sont à la fois très similaires dans leur essence et catégoriquement opposées dans leur expression. L'acte d'écrire est souvent la matérialisation d'un refus d'agir dans "l'immédiateté du faire". Il peut être aussi l'expression d'une pulsion procréatrice déviée de sa trajectoire initiale. Ce sentiment d'inadaptation au monde mobilise un "flux poétique" qu'après coup "l'écrivant" démantèle au terme de son aliénation transitoire. Maladresse, absence de motivation, il est rare que ces voix presque inaudibles portent très loin. Nous sommes ici à des années-ténèbres des "Illuminations" et bien peu de navigateurs partis à la dérive franchiront le "Cap-de-Bonne-Espérance". L'acte d'écrire comme l'acte de tuer ne fait pas de vous automatiquement un poète ou un assassin. Il y a, souvent même, des circonstances atténuantes.
22:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, journal intime, humeur, blog, vive la vie, poésie




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