06/09/2008
De l'auteur déguisé en ménagère de moins de cinquante ans.
Afin de préserver l’illusion que chaque objet a une place bien à lui, je dispose des boites partout, dans l’armoire de ma chambre, dans le buffet de la cuisine, sur mon secrétaire, sous mon lit. Dans une énorme malle de voyage datant de l’époque des diligences, j'accumule des bouts de papier griffonnés, mélangeant indifféremment poèmes, notes, lettres d'amour et liste de courses. J'écris au crayon feutre noir ou rouge sur tout ce qui me tombe sous la main. Le linge propre, je le dépose dans des corbeilles que je stocke dans la chambre d’ami. Lorsque je n’ai plus rien à me mettre, que les armoires ont été vidées, je fouille les enchevêtrements de tissu jusqu’à découvrir la chemise, le pantalon ou le slip recherché. Tous les jours, je lave quelque chose à la main avec du savon ou du Mir, des sous-vêtements, un pull, parfois un pantalon qui pourrait décolorer. Pour le repassage, je ne touche à rien pendant des semaines puis, la vision de ce champ de ruines me devenant insupportable, je finis toujours par craquer ! Alors, je me jette à corps perdu dans la besogne jusqu’à complet épuisement ne faisant relâche que la dernière paire de chaussettes rangée dans la commode. La cuisine reste ma discipline favorite. Ce midi, j'ai décidé de faire de la brandade de morue, la salée qui s’achète dans des boîtes rondes en osier. Je la mets à pocher dans un grand faitout. Au moment de l’émietter je rajoute cinq ou six pommes de terre pelées. Je laisse cuire une demi-heure. Pendant ce temps, je confectionne la sauce blanche avec du beurre, de la farine, quelques câpres et de l’eau de cuisson. Un régal avec une baguette pas trop cuite et un verre de blanc (vendanges tardives).
23:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, journal intime, humeur, blog, vive la vie, poésie




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