05/09/2008
De l'effet désastreux du jogging chez l'écrivain en panne d'inspiration.
"Je ne serai jamais un véritable écrivain, homme de lettres, mercenaire appliqué aux écrits vains", notais-je sur la première page de l’un des nombreux carnets noirs en moleskine qui m’accompagnent partout. Pourquoi une telle certitude? Peut-être par ce que j'ai choisi de perdre mon temps, soigneusement protégé des mouvements imprévisibles de l'existence, considérant les heures d'écriture comme des moments privilégiés à ne pas gâcher par la force de l’habitude. Je pourrais m’imposer une discipline de fer et m’obliger chaque jour à rédiger cinq pages d’exercices. Comme la musculation, ces simulacres sentiraient la sueur et le plus beau corps perd de son attrait s’il est précédé par des effluves malodorantes. La négligence sudoripare me navre et j'évite de nouer des relations trop étroites avec les joggeuses et les acharnés de brainstorming. Le cerveau a des accointances avec les aisselles et quand l’un s’agite l’autre sent la transpiration. La promenade, avec son rythme paisible et ses haltes imprévues, me ressemble plus. Je vais donc, à petits pas, vers une destination inconnue que je m'efforce de méconnaître jusqu’au bout afin de n’être pas tenté de hâter le pas pour la rejoindre plus vite.
15:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, journal intime, spiritualité, vive la vie, philosophie




Ecrire un commentaire