26/07/2008

Du sentiment d'abandon ressenti par celui qui va mourir.

Faust-web.jpgJésus qui jusque là n’avait jamais douté de son essence divine fut bien obligé d’admettre qu’il devrait mourir comme tous les autres, donc qu’un jour sa carcasse, bouffée par la vermine, pourrirait dans la terre grasse. Lui qui s’était senti pousser des ailes d’ange dans le dos, pourquoi ce soir, une bouteille de gin à la main, n’osait-il plus insulter Dieu ? Aux confins du monde apparaît le soleil assis sur un banc pour tromper le temps. Les nuits passent sur lui humides et sombres. Sans forcer sa nature tumultueuse, l'astre du jour atteindra un état de perfection absolue à l'approche du solstice. «J'accuse les puissances des ténèbres d'avoir tenté de stopper le mouvement perpétuel des planètes! ». La mort est une cage d'ascenseur sans cabine, un puits de vertige au-dessus duquel nul ne se penche sans risque. Le souffle divin se retire des corps et l'âme glisse dans l'ignorance. Il faut interpréter les signes, serrer les dents, interroger les brouillards de l’aube pour prédire ce que sera ce nouveau jour.

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