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23/09/2007
De l'apprentissage des langues étrangères.
Le temps, bien précieux entre tous, nous est compté. Nous naissons, ignorant de tout et ignoré de tous, puis commence le lent apprentissage de la langue des hommes. Mot à mot nous découvrons le sens d'un dialecte qui a du mal à nous devenir familier car il n'a rien de commun avec celui employé dans notre vie d'avant. Puis nous grandissons et nous occupons de plus en plus d'espace avec ce corps impossible à apprivoiser qui se couvre de poils, sent la transpiration, mastique bruyamment une nourriture infecte, digère avec difficulté la viande des autres animaux en la laissant pourrir dans ses boyaux, ce corps ingrat qui pisse et défèque, qui copule avec d'autres corps semblables ou mal assortis, jetant aux mille diables des sécrétions gluantes. La vie, c'est donc çà? Un spectacle de cirque où un homme,en habit queue de pie et un fouet à la main, tente de faire sauter un grand fauve à travers un cercle de feu ! Prisonniers de notre corps, esclaves d'un maître exigeant, nous nous oublions car chaque minute de notre existence lui est consacrée: manger, boire, dormir, se laver, marcher, courir, sauter, jouir, se faire mal, tomber malade, guérir, hors de lui, il ne se passe rien.
00:05 Publié dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, philosophie, spiritualité, sagesse, écriture, journal intime




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